Total annonce son départ de Syrie

Trois jours après la compagnie anglo-néerlandaise Shell, le groupe pétrolier français arrête ses activités en Syrie. Ce secteur phare de l'économie syrienne est visé par les sanctions de l'UE. 

Le logo de Total sur une porte de son siège à la Défense (Hauts-de-Seine) en février 2010. 
Le logo de Total sur une porte de son siège à la Défense (Hauts-de-Seine) en février 2010.  (BORIS HORVAT / AFP)

Le géant pétrolier français Total a annoncé lundi 5 décembre qu'il suspendait ses activités en Syrie afin de se conformer aux sanctions européennes qui visent indirectement son partenaire dans le pays, General Petroleum Corporation (GPC).

Dans la foulée de Shell

"Nous avons informé les autorités syriennes de notre décision d'arrêter nos opérations avec GPC, afin de nous conformer aux sanctions, a fait savoir Total. Cela inclut à la fois notre production sur Deir Ez Zor et notre contrat Tabiyeh Gas", un contrat d'exploitation entré en vigueur en octobre 2009. Trois jours plus tôt, le groupe Shell avait déjà annoncé l'arrêt de ses activités en Syrie. 

En 2010, Total a produit 39 000 barils équivalent pétrole par jour dans le pays, a précisé un porte-parole du groupe à l'agence Dow Jones Newswires. Le groupe indique par ailleurs que sa "principale priorité reste la sécurité de [ses] employés".

La Syrie isolée économiquement 

Les sanctions de l'Union européenne (UE) prévoient notamment l'interdiction d'exporter vers la Syrie des équipements à destination de l'industrie gazière et pétrolière. Dans la "liste noire" dressée à cette occasion figurent notamment les deux sociétés d'Etat chargées de l'exploitation et de l'exportation (General Petroleum Corporation, Syria Trading Oil Company) et l'entreprise Al Furat Petroleum Company, qui "apportent un soutien financier au régime", a estimé l'UE.

Selon un expert pétrolier à Damas interrogé par l'AFP, la production de pétrole est passé de 340 000 barils par jour en mars, date du début de la contestation du régime, à 120 000 aujourd'hui. Depuis l'embargo européen instauré en septembre et détaillé par Le Monde.fr, il n'existe guère plus de débouchés pour l'exportation du pétrole syrien. Jusqu'alors, l'Europe représentait 95 % des exportations.

Damas accepte la présence d'observateurs arabes

A la suite d'une série de sanctions et de menaces prononcées par la Ligue arabe et les Occidentaux, le régime de Bachar Al-Assad a accepté lundi, sous conditions, l'envoi d'observateurs arabes en Syrie.

Pourtant, les violences continuent. La seule journée de lundi a fait 41 tués. Trente-quatre personnes ont été retrouvées mortes dans la ville de Homs, dans le centre du pays, haut lieu de la contestation et théâtre d'une répression violente depuis le début des troubles il y a bientôt neuf mois. 

Ces civils avaient été enlevés plus tôt dans la journée par des "Shabiha", des miliciens pro-Bachar Al-Assad, dans plusieurs quartiers où vivent des opposants. C'est un militant de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) présent sur place qui dit avoir vu leurs corps sur une place dans le quartier Al-Zahra, favorable au régime.