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En Egypte, la joie teintée de méfiance

Les Egyptiens savourent toujours leur joie, après l'annonce de la démission d'Hosni Moubarak. Mais cela n'empêche pas certains manifestants de s'avouer méfiants face à l'armée qui a désormais les rênes du pays. Le Conseil des forces armées a pourtant promis une transition rapide du pouvoir aux civils.
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Radio France
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"Maintenant, nous connaissons la place Tahrir. Dès qu'il y
aura une injustice, nous y reviendrons". Les mots de cette pharmacienne du Caire résument bien le sentiment de beaucoup d'Egyptiens : satisfaits d'avoir poussé Moubarak au pouvoir, mais soucieux de ne pas laisser l'armée confisquer leur révolution.

"Nous ne partirons pas parce que nous voulons être sûrs que
ce pays va aller dans la bonne direction" affirme ainsi Ahmed, un jeune chômeur de 27 ans. Comme d'autres Cairotes, il refuse de démonter la tente qu'il avait dressé sur la place Tahrir. "Nous voulons avoir des garanties" renchérit l'un de ses amis. Ces propos provoquent la colère d'autres manifestants, qui affirment qu'il est temps de reprendre une vie normale. Les opposants, unis dans leur lutte contre Moubarak, semblent connaître leurs premiers désaccords.

L'armée, de son côté, a tenté de rassurer les Egyptiens. Dans la journée, le Conseil suprême des forces armées a assuré que son objectif était de confier le pouvoir à un gouvernement civil élu. (LIRE NOTRE ARTICLE)

A la suite de cette annonce, la "Coalition
pour le changement" qui rassemble les groupes de l'opposition et de
jeunesse à l'origine du soulèvement, a annoncé l'arrêt de
l'occupation permanente de la place Tahrir. Mais elle a également appelé les manifestants à y revenir chaque semaine, après la grande prière du vendredi.

L'objectif est de maintenir la pression sur les militaires, tant que les revendications des manifestants n'auront pas été satisfaites. La Coalition a pour la première fois listé ses demandes : levée de l'état d'urgence, formation d'un gouvernement d'union nationale ou encore respect des libertés fondamentales dont la presse et le droit de constituer
librement des partis politiques.

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