Mort de Jamal Khashoggi : "C'est la fin du déni, qui était une position intenable"

Invité sur franceinfo samedi, David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS) et rédacteur en chef de la revue Orient Stratégique, souligne avoir perçu ces derniers jours qu'un scenario officiel s'esquissait pour pouvoir épargner le "plus haut niveau de l'Etat saoudien".

Un manifestant brandit une photo de Jamal Khashoggi le 5 octobre 2018 à Istanbul.
Un manifestant brandit une photo de Jamal Khashoggi le 5 octobre 2018 à Istanbul. (OZAN KOSE / AFP)

"C'est la fin du déni, qui était de toute façon une position intenable", a estimé samedi 20 octobre sur franceinfo David Rigoulet-Roze, chercheur à l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS) et rédacteur en chef de la revue Orient Stratégique, après que l'Arabie saoudite a officiellement reconnu que le journaliste saoudien Jamal Khashoggi a été tué à l'intérieur du consulat du royaume, à Istanbul, en Turquie. "On avait perçu ces derniers jours qu'un scénario officiel était en train d'être esquissé", souligne le chercheur, "les autorités saoudiennes ont pris acte de la nécessité de la fin du déni".

L'Arabie saoudite évoque une bagarre qui a dégénéré. "Il y a encore des points d'interrogation, notamment sur la question du corps. L'enquête n'est pas close. Mais il fallait que les autorités saoudiennes donnent un certain nombre de gages, notamment à Washington", note David Rigoulet-Roze. "Pour une sortie une crise, il fallait au moins la reconnaissance de la disparition et de la mort du journaliste", souligne-t-il. Le président américain Donald Trump a dit juger "crédible" les explications saoudiennes.

Ryad a annoncé l'arrestation de 18 personnes, et la destitution d'un haut responsable du renseignement saoudien et d'un important conseiller à la cour royale. "Il s'agissait d'être crédible en tapant très haut pour pouvoir épargner le plus haut niveau de l'Etat saoudien", estime David Rigoulet-Roze.