Meurtre de Jamal Khashoggi : un verdict final saoudien annule les cinq peines capitales

"Cinq prévenus ont été condamnés à 20 ans de prison et trois autres à des peines allant de 7 à 10 ans", a indiqué l'agence officielle saoudienne SPA.

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Le journaliste Jamal Khashoggi lors d'une conférence de presse, à Manama, la capitale de Bahreïn, le 15 décembre 2014. (MOHAMMED AL-SHAIKH / AFP)

Un tribunal de Ryad a annulé, lundi 7 septembre, les peines capitales prononcées pour le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi"Cinq prévenus ont été condamnés à 20 ans de prison et trois autres à des peines allant de 7 à 10 ans", a indiqué l'agence officielle saoudienne SPA, citant les services du procureur général.

En décembre dernier, à l'issue d'un procès opaque, cinq Saoudiens avaient été condamnés à mort et trois autres à des peines de prison, sur un total de 11 personnes inculpées. Les trois autres avaient été "blanchies".

Le verdict final a aussitôt vivement fait réagir. La Turquie a déclaré, par la voix de  Fahrettin Altun, le porte-parole de la présidence turque, que le verdict était "loin de satisfaire les attentes" de la communauté internationale. "Nous ne savons toujours pas ce qu'il est advenu du corps de Khashoggi, qui voulait sa mort ni s'il y a eu des complices locaux - ce qui met en cause la crédibilité" du procès, a ajouté le porte-parole.

"Le procureur saoudien a joué un nouvel acte dans cette parodie de justice", a réagi de son côté la rapporteure spéciale de l'ONU sur les exécutions sommaires, Agnès Callamard. "Ces verdicts n'ont aucune légitimité juridique ou morale", juge-t-elle. La fiancée turque de Jamal Khashoggi, Hatice Cengiz, les a elle qualifiés de "farce" : "Les autorités saoudiennes ont clos ce dossier sans que le monde sache la vérité sur qui est responsable du meurtre de Jamal."

"Que des tentatives répétées de dissimulation"

"Ce procès sans public ni journalistes n'a pas permis de connaître la vérité et de comprendre ce qui s'est passé le 2 octobre 2018 au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul [où Jamal Khashoggi a été assassiné]", a commenté Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF). Depuis le début de la procédure judiciaire en Arabie saoudite, il n'y a eu "que des tentatives répétées de dissimulation", a déclaré Ines Osman, directrice de MENA, une ONG de défense des droits humains basée à Genève.

Le verdict intervient après que les fils de Jamal Khashoggi ont annoncé en mai "avoir pardonné" ses tueurs. Par le passé, son fils ainé Salah Khashoggi avait assuré avoir "pleinement confiance" dans le système judiciaire saoudien. En avril 2019, le Washington Post avait affirmé que les quatre enfants du journaliste, y compris Salah, avaient reçu des maisons d'une valeur de plusieurs millions de dollars et étaient payés des milliers de dollars par mois par les autorités. La famille avait alors démenti.

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