Malgré l'affaire Khashoggi, les ventes d'armes continuent avec l'Arabie saoudite

Avec l'affaire Khashoggi, la France doit-elle continuer de vendre des armes à l'Arabie saoudite ? Paris ne veut pas prendre de décisions hâtives. Une bienveillance qui s'explique par les contrats en jeu d'une grosse valeur.

France 3

Après l'Allemagne, la France va-t-elle cesser de vendre des armes à l'Arabie saoudite ? La délicate question a été posée à Emmanuel Macron au salon des industries maritimes Euronaval au Bourget, en Seine-Saint-Denis. La réponse du président est agacée et sèche : "Ça n'a rien à voir avec le sujet qu'on est en train de traiter !" Il faut y voir une volonté de ne pas se fâcher avec un client privilégié et un partenaire économique très important de la France. L’armement représente près de 165 000 emplois pour des centaines d'entreprises, soit près de 1,4 milliard d'euros en 2017.

Londres comme Paris

L'embarras est d'autant plus palpable que l'Arabie saoudite, un des plus gros producteurs de pétrole au monde, pourrait riposter en poussant les prix du baril à 400 dollars. Les conséquences pourraient être "catastrophiques" pour la France, selon Denis Bouchard, expert du Moyen-Orient. Ainsi, Paris n'est pas la seule capitale embarrassée. Londres attendra la fin de l'enquête sur la mort du journaliste Jamal Khashoggi avant de décider de la suite à donner à ses contrats d'armement.

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Emmanuel Macron, le 23 octobre 2018 au Bourget (Seine-Saint-Denis).
Emmanuel Macron, le 23 octobre 2018 au Bourget (Seine-Saint-Denis). (BENOIT TESSIER / AFP)