Affaire Khashoggi : la Turquie lance des poursuites contre une vingtaine de Saoudiens

Le journaliste, très critique du régime saoudien après en avoir été proche, avait été tué à l'instérieur du consulat saoudien à Istanbul en 2018.

Le journaliste Jamal Khashoggi, le 15 décembre 2014 à Manama (Bahrein).
Le journaliste Jamal Khashoggi, le 15 décembre 2014 à Manama (Bahrein). (MOHAMMED AL-SHAIKH / AFP)

La Turquie a annoncé, mercredi 25 mars, avoir lancé des poursuites contre 20 Saoudiens à l'issue d'une enquête de plus d'un an sur le meurtre de l'éditorialiste Jamal Khashoggi à Istanbul en 2018. Le bureau du procureur général d'Istanbul a indiqué dans un communiqué qu'un acte d'accusation avait été préparé, ce qui ouvre la voie à un procès dont la date n'a pas encore été annoncée. Les autorités turques ont par ailleurs émis des mandats d'arrêt internationaux.

Dans cet acte d'accusation, deux proches du prince héritier Mohamed Ben Salmane, l'ex-conseiller Saoud al-Qahtani et le général Ahmed al-Assiri, ancien numéro deux du renseignement, sont identifiés comme les commanditaires du meurtre. Ils sont accusés d'avoir ordonné un "homicide volontaire prémédité avec l'intention d'infliger des souffrances". Dans le même document, 18 autres suspects sont accusés d'avoir pris part à ce meurtre. Ils risquent tous la prison à vie.

Lors de l'enquête, les policiers turcs ont notamment perquisitionné le consulat saoudien et des véhicules appartenant à la mission diplomatique, examiné les factures téléphoniques de certains suspects et recueilli les témoignages de plus de 50 personnes.

Etranglé puis découpé en morceaux

Jamal Khashoggi, un collaborateur du Washington Post et critique du régime saoudien après en avoir été proche, a été assassiné en octobre 2018 au sein du consulat d'Arabie saoudite, où il s'était rendu pour récupérer un document. Selon la Turquie, il a été étranglé puis son corps a été découpé. Les restes de l'éditorialiste de 59 ans n'ont jamais été retrouvés.

Ce meurtre a plongé l'Arabie saoudite dans l'une de ses pires crises diplomatiques et terni l'image du prince héritier Mohammed ben Salmane, désigné par des responsables turcs et américains comme le commanditaire du meurtre. Après avoir nié le meurtre, puis avancé plusieurs versions contradictoires, les autorités saoudiennes ont affirmé qu'il avait été commis par des agents ayant agi seuls.