Affaire Khashoggi : des sénateurs américains affirment n'avoir "aucun" doute que le prince héritier saoudien "a ordonné" le meurtre

Cela contredit Donald Trump, qui avait déclaré que le service de renseignement n'avait "rien trouvé d'absolument certain".

Bob Corker après la réunion de sénateurs à huit clos avec la directrice de la CIA Gina Haspel à Washington DC, le 4 décembre 2018. 
Bob Corker après la réunion de sénateurs à huit clos avec la directrice de la CIA Gina Haspel à Washington DC, le 4 décembre 2018.  (ALEX WONG / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

La suspicion qui plane autour de l'implication du prince héritier saoudien dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi ne fait que se renforcer. Deux sénateurs républicains américains ont affirmé, mardi 4 décembre, n'avoir "aucun" doute sur le fait que le prince héritier saoudien avait "ordonné" le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi, après avoir été informés à huis clos par Gina Haspel, directrice de la CIA, des conclusions de l'agence.

"Je pense qu'il est complice du meurtre de M. Khashoggi au plus haut niveau possible", a ajouté Lindsey Graham, pourtant un allié de Donald Trump au Sénat. "Laisser la situation en l'état permettrait à quelqu'un comme MBS", initiales du prince saoudien, "de continuer en toute impunité", a tonné M. Corker.

Contradiction avec Donald Trump 

"Il se pourrait très bien que le prince héritier ait eu connaissance de cet évènement tragique --peut-être, peut-être pas !", avait lui déclaré le président républicain dans un communiqué le 20 novembre.

Les sénateurs ont déjà adressé un sévère coup de semonce à Ryad, en dépit de la Maison Blanche : une résolution pour cesser tout soutien militaire à l'Arabie saoudite dans la guerre au Yémen avait franchi avec une nette majorité le 28 décembre un premier vote au Sénat. Mais son approbation définitive reste encore incertaine, et dépendra notamment des actions de l'administration Trump face aux dirigeants saoudiens.