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Le prix Nobel de la paix Elie Wiesel est mort à l'âge de 87 ans

Cet écrivain et philosophe célèbre, issu d'une famille juive hongroise, était aussi un survivant de l'Holocauste.

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France Télévisions
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Elie Wiesel, le 2 mars 2015, à Washington (Etats-Unis). (WIN MCNAMEE / AFP)

Le prix Nobel de la paix américain Elie Wiesel est mort, samedi 2 juillet, à l'âge de 87 ans, selon plusieurs médias et le mémorial Yad Vashem, à Jérusalem. Cet écrivain et philosophe célèbre, issu d'une famille juive hongroise, était aussi un survivant de l'Holocauste.

Rescapé des camps de la mort nazis, Elie Wiesel a consacré sa vie à la mémoire de la Shoah et à la lutte contre l'indifférence, l'intolérance et l'injustice. La déportation, il l'a racontée dans plusieurs œuvres autobiographiques, notamment l'ouvrage La Nuit, paru en 1955. Le livre n'avait pas connu un succès immédiat : 2 000 exemplaires vendus lors des dix-huit premiers mois, pour finir à plus de six millions.

"L'oubli n'est pas une maladie individuelle mais collective"

"L'oubli n'est pas une maladie individuelle mais collective", estimait-il. "Le bourreau tue toujours deux fois, la seconde fois par l'oubli", écrivait-il aussi. Pour "empêcher l'oubli" de la Shoah et favoriser la compréhension entre les peuples, ce "messager de l'humanité", comme l'a qualifié le comité Nobel, a créé la Fondation Elie Wiesel pour l'humanité, avec son épouse, et l'Académie universelle des cultures. Elie Wiesel a souvent dénoncé la responsabilité des dirigeants qui "savaient" le sort des juifs déportés, notamment Roosevelt et Churchill. En 1979, le président Carter lui avait montré les photos prises, fin 1942, par des avions militaires américains survolant Auschwitz.

Il s'est engagé pour de multiples causes car il avait "fait un vœu après la guerre: que toujours, partout où un être humain serait persécuté, je ne demeurerais pas silencieux."  Né le 30 septembre 1928 à Sighet, en Roumanie (alors Transylvanie), dans une famille pauvre, Elie Wiesel est déporté à 15 ans à Auschwitz-Birkenau où sa mère et sa plus jeune soeur sont assassinées. Son père meurt devant lui à Buchenwald où ils ont été transférés. A sa sortie du camp, en 1945, il est recueilli en France par l'Oeuvre juive de secours aux enfants et y vit jusqu'à l'âge de 28 ans en 1956. Après des études de philosophie à la Sorbonne, il devient journaliste et écrivain.

Citoyen américain depuis 1963, Elie Wiesel a occupé longuement la chaire en sciences humaines de l'université de Boston et partagé sa vie entre les Etats-Unis, la France et Israël.

"Un rayon de lumière et un exemple d'humanité"

Elie Wiesel était revenu à Auschwitz en 2006 avec la star de la télévision américaine Oprah Winfrey. Il avait aussi accompagné Barack Obama et la chancelière allemande Angela Merkel à Buchenwald. "Après que nous avons marché ensemble parmi les fils de fer barbelés et les miradors de Buchenwald, Elie m'a dit des mots que je n'ai jamais oubliés -  'La mémoire est devenue un devoir sacré pour tous les hommes de bonne volonté'", a déclaré samedi Barack Obama.

Grand-croix de la Légion d'honneur en France et commandeur de l'ordre de l'Empire britannique, il a été nommé docteur de plus de cent universités. Ehud Olmert, Premier ministre d'Israël à la fin des années 2000, avait proposé son nom pour devenir président du pays, charge que Wiesel avait déclinée.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a salué sa mémoire, estimant qu'il était "un rayon de lumière et un exemple d'humanité qui croit en la bonté de l' homme""Elie, maître des mots, a exprimé par sa personnalité unique et ses livres fascinants la victoire de l'humanité sur la cruauté et le mal", ajoute le Premier ministre. "Durant les années sombres de l'Holocauste, au cours desquelles ont péri six millions de nos frères et soeurs, Elie Wiesel était un rayon de lumière et un exemple d'humanité (...)", a souligné Benjamin Netanyahu à propos de celui qui a sillonné le monde pour perpétuer la mémoire de la Shoah.

"Elie n'était pas seulement le plus célèbre survivant de la Shoah, il était un mémorial vivant", a déclaré le président américain Barack Obama. "Sa vie et la force de son exemple nous poussent à être meilleurs."  Le président français Francois Hollande a salué "la mémoire d'un grand humaniste, inlassable défenseur de la paix". 

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