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Pour vous faire oublier de Google, remplissez le formulaire

Disparaître des résultats de recherche de Google au nom du droit à l’oubli, c’est théoriquement possible. Le géant américain de l’Internet vient en tout cas de lancer un service en ligne à destination des Européens censé leur permettre, sous certaines conditions qui n’ont pas encore été clairement définies, de se faire oublier.
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Radio France
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  (En février, le géant américain avait été contraint d'afficher sur sa page d'accueil française sa condamnation par la CNIL à 150.000 euros pour sa politique de confidentialité des données personnelles. Maxpp/Jean-François Frey)

Indiquez votre pays, vos nom et prénom(s), votre adresse mail et joignez-y la copie numérique d’une pièce d’identité en cours de validité. Listez ensuite les adresses URL vers lesquelles vous ne souhaitez plus que renvoient les requêtes effectuées sur votre nom et expliquez pourquoi. Il ne vous reste plus qu’à valider et on vous recontactera. Voilà comment, en quelques minutes, vous aurez peut-être la possibilité de disparaître des résultats de recherche Google en remplissant un simple formulaire en ligne.

Profil  Facebook, textes, photos, articles de presse ou encore décision de justice si cette dernière a été rendue publique, une fois diffusées, difficile de stopper la propagation sur la toile d’informations nous ayant un jour ou l’autre concerné. Si jusqu’ici on ne pouvait que s’en plaindre, une décision de la Cour de Justice européenne rendue mi-mai vient de donner raison aux citoyens européens qui revendiquent un "droit à l’oubli" numérique. Jugeant l’exploitant d’un moteur de recherche responsable du traitement des données personnelles qu’il collecte, la CJUE estime en effet que ce dernier a donc aussi le devoir de les supprimer, dans certains cas.

Vie privée, vie publique et liberté d'informer : des contours encore flous

Et c’est là que ça se complique. L’arrêt de la Cour vise les informations personnelles "inappropriées, hors de propos ou qui n’apparaissent plus pertinentes". Mais comme la Cour le souligne elle-même, "il y a lieu de rechercher un juste équilibre". Si le droit de la personne prévaut en règle générale sur l’intérêt des internautes, "cet équilibre peut toutefois dépendre, dans des cas particuliers, de la nature de l’information en question et de sa sensibilité pour la vie privée de la personne concernée ainsi que de l’intérêt du public à recevoir cette information", précise-t-elle.

Si vous avez terminé de compléter votre formulaire Google d'oubli, ne vous attendez donc pas à disparaître d’un claquement de souris. "L’arrêt exige de Google de porter des jugements difficiles sur le droit d’un individu à l’oubli et le droit à l’information du public", explique l’Américain dans un communiqué. "Nous sommes en train de mettre sur pied un comité consultatif d’experts pour se pencher sur ces questions", poursuit-il. Et de remercier par avance les internautes de leur patience.

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