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Malgré l'aide humanitaire, Gaza s'enfonce dans une pénurie de courant périlleuse

Les habitants de Gaza souffrent d'une pénurie d'électricité qui s'aggrave et met en danger les infrastructures sanitaires, en particulier les hôpitaux. 

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Radio France
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Le service de néonatalogie de l'hôpital al-Shifa à Gaza est inquiet des coupures d'électricité pour les couveuses, particulièrement surveillées.  (SAID KHATIB / AFP)

Depuis avril dernier, la bande de Gaza où vivent près de deux millions d'habitants s'enfonce dans une situation de pénurie d'électricité dangereuse. Avec quatre heures d'électricité par jour, les installations sanitaires fonctionnent sur le fil. L'état des lieux est d'autant plus préoccupant que les aides humanitaires s'épuisent.

Gaza s'enfonce dans une pénurie de courant périlleuse - un reportage d'Etienne Monin
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À l’hôpital al-Shifa de Gaza, le service de néonatalogie doit fait face à la surpopulation dans l’enclave, tout en souffrant du manque d'électricité. La situation inquiète fortement l'équipe médicale. Sami Sahir, pédiatre, explique que le risque en cas de coupure de courant est très élevé. 

C’est une vraie situation de crise notamment pour assurer la ventilation à l’intérieur des couveuses. Il faut parfois passer à la ventilation manuelle.

Sami Sahir, pédiatre à l'hôpital al-Shifa de Gaza

à franceinfo

Depuis deux mois, Gaza dépend d’un réseau de générateurs. Les machines tournent au moins 20 heures par jour, surveillées de près pour ce qu’elles sont, un soutien vital, déclare Achraf al-Qodra, le porte-parole du ministère de la Santé. "On a une équipe 24 heures sur 24 pour faire en sorte que les générateurs électriques fonctionnent en permanence."  

Des réserves et des habitants qui s'épuisent

La production artisanale d'électricité est portée à bout de bras par l’ONU qui craint de ne pas pouvoir passer l’été à ce rythme. Robert Piper, le coordinateur de l'aide humanitaire pour les Nations unies, redoute des conséquences concrètes à très court terme.

On fournit plus de 800 000 litres de fuel par mois pour alimenter 180 structures vitales, mais à partir de début juillet, on aura épuisé nos réserves.

Robert Piper, ONU

à franceinfo

La crise touche aussi les secteurs sanitaires. L’usine de dessalement ne produit quasiment plus. Les habitants souffrent, eux, de devoir vivre sans réfrigérateur, sans véritable lumière le soir et finalement, à l’écart de toute modernité. Emiad Moussa habite une petite maison avec ses enfants. "Quand je suis là, j’attends l’électricité. Quand il n’y en a pas, je ne sais pas m’occuper dans la maison. Je ne peux rien faire. La situation est vraiment difficile", confie-t-elle. 

La crise en voie d'aggravation est liée à la lutte de pouvoir entre le Fatah de l’autorité palestinienne et le Hamas qui dirige Gaza. Elle vient aussi du gel du développement des infrastructures pour l’électricité en raison du blocus israélien datant de près de dix ans. 

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