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Corée du Sud : où en est-on cinq jours après le naufrage du ferry ?

Les échanges avec les autorités maritimes lors de l'accident, le 16 avril, dépeignent un équipage incapable de prendre une décision, alors que le navire s'apprête à sombrer. Des actions de l'équipage équivalentes à "un meurtre" pour la président sud-coréenne.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Les opérations de sauvetage après le naufrage du ferry sud-coréen "Sewol", le 17 avril 2014, qui a fait 64 morts et 238 disparus. (ED JONES / AFP)

"Les actes du capitaine et de certains membres de l'équipage sont totalement incompréhensibles, inacceptables et équivalents à un meurtre." La charge, violente, émane de la présidente sud-coréenne, Park Geun-hye. Non seulement moi, mais tous les Sud-Coréens avons le cœur brisé, sous le choc, et rempli de colère", a-t-elle déclaré lundi 21 avril, cinq jours après le naufrage du ferry qui a fait 64 morts et 238 disparus. Francetv info vous résume les dernières informations.

Ce que l'on sait de l'évacuation du ferry

L'inaction dont a fait preuve l'équipage au moment du drame est pointée du doigt. Les échanges avec les autorités maritimes lors de l'accident dépeignent un équipage paniqué, incapable de prendre une décision, alors que le navire, immobilisé après un choc, s'apprête à sombrer.

Selon ces échanges, rendus publics, les autorités ordonnent à l'équipage de s'assurer que tout le monde porte un gilet de sauvetage, tandis qu'à bord, l'équipage demande, de plus en plus affolé, quand vont arriver les bateaux de secours. "Faites-leur au moins porter une bouée de sauvetage et laissez-les flotter ! Tout de suite !" crie un responsable des secours à terre.

Corée du sud : les conditions du naufrage se précisent (CLAUDE SEMPERE - FRANCE 2)

Pour reconstituer le déroulé des événements, les enquêteurs récupèrent des centaines de messages envoyés par les passagers – la plupart des adolescents – notamment via Kakao Talk, un service de messagerie instantanée très populaire en Corée. Un de ces messages rendus publics peu après la catastrophe a été envoyé par une lycéenne à son père"Papa, ne t'en fais pas. Je porte mon gilet de sauvetage et je suis avec les autres filles. Nous sommes dans le bateau, dans le couloir." Son père lui ordonne de sortir à tout prix, mais il était trop tard. "Papa, je ne peux pas. Le bateau penche trop. Le couloir est plein de gens", dit-elle dans son dernier message.

Pourquoi l'étau se resserre autour du capitaine

Il est de plus en plus évident que le capitaine, Lee Joon-Seok, 59 ans, pourtant expérimenté, a retardé bien trop longtemps l'évacuation du ferry. Il a ensuite "abandonné" les passagers en quittant le bateau, alors que des centaines d'entre eux étaient encore à bord, piégés, a estimé la présidente sud-coréenne.

Selon les témoignages des rescapés, après que le ferry s'est immobilisé, les passagers ont reçu la consigne de ne pas bouger pendant plus de 40 minutes. Lorsque le bateau a commencé à piquer du nez, il était trop tard pour en sortir, les passagers ne parvenant pas à remonter le long de couloirs glissants, en oblique, alors que l'eau s'engouffrait. "Des minutes précieuses bêtement gaspillées", écrit en une le quotidien Dong-A Ilbo lundi.

Le capitaine et deux membres d'équipage, dont un officier subalterne peu expérimenté qui se trouvait à la barre lors de l'accident, ont été arrêtés par la police samedi, pour négligence et carence dans la sécurité des passagers. Lundi, les enquêteurs ont arrêté quatre autres membres de l'équipage. Il s'agit de trois officiers et d'un mécanicien du ferry. Ils pourraient être poursuivis pour les mêmes chefs d'accusation.

Où en sont les recherches ?

Les opérations se poursuivent lundi à l'intérieur du ferry, où les plongeurs ont eu des difficultés à entrer en raison de violents courants et d'une visibilité quasi-nulle. Vingt-quatre corps ont été récupérés à l'intérieur. "Nous pensons que beaucoup se trouvent sur les 3e et 4e ponts, où étaient situées les cabines, et nous allons nous concentrer sur cette zone", indique un porte-parole des garde-côtes.

Les cadavres, enveloppés d'un linge blanc, sont débarqués au petit port de Jindo, qui retentit des larmes et des cris des familles, avant d'être amenés sous une tente pour être identifiés. 

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