Négociations sur le nucléaire iranien : Laurent Fabius, "Mister no"

Comment la position de la France est-elle perçue à l’heure où les tractations s’intensifient ? Son intransigeance est relevée par les Iraniens, comme le montre le reportage d’Isabelle Labeyrie à Téhéran.

(Laurent Fabius est attendu ce jeudi à Vienne pour les négociations marathon sur le nucléaire iranien © Reuters/Brendan McDermid)

Les négociations autour du nucléaire iranien s’intensifient à Vienne en Autriche en vue d’obtenir un accord avant le 7 juillet. Cet accord verrait le programme nucléaire iranien placé sous contrôle international, en échange d'une levée des sanctions contre Téhéran. La France participe aux tractations. Son ministre des Affaires étrangères y représente une forme d’intransigeance pointée et même critiquée dans la capitale iranienne.

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La réputation de celui qui dit "non"

La France est extrêmement pointilleuse sur le dossier du nucléaire iranien. Elle fait partie des pays qui exigent le maximum de garanties de la part de l’Iran. En 2013, Laurent Fabius, "Mister no", celui qui dit non, avait d’ailleurs refusé de signer un accord que les Etats-Unis, eux, s’apprêtaient à valider. "Mieux vaut pas d'accord plutôt qu'un mauvais accord" , a d’ailleurs coutume de dire le ministre français des Affaires étrangères.

La France, le méchant flic

Quand on aborde la question dans les rues de Téhéran, pas besoin d’évoquer le rôle de la France, il arrive spontanément dans la conversation. Mohammed-Reza Shari est un Bassidji, un milicien ultra-conservateur. Il en veut beaucoup aux négociateurs français et leur prête un rôle de "mauvais flic". 

"La France joue le rôle du mauvais flic. Mais qu’est-ce qu’elle va gagner en créant de l’animosité avec l’Iran ? Quel intérêt ? Moi je pense qu’elle s’est entendue avec les USA pour contraindre les Iraniens à faire des concessions."

Et voilà Laurent Fabius accusé de comploter avec les Américains, ou pire, d’œuvrer pour Israël, ennemi héréditaire de l’Iran, totalement opposé à un accord qui permettrait à Téhéran de revenir sur la scène internationale.

"Faire vite et fort"

Mehdi Zekarian dirige le Journal des Etudes internationales. Il pense que l’attitude intransigeante de la France risque d’être contre-productive lorsque s’ouvrira le marché iranien.

"Les Français vont perdre des marchés. Les Iraniens ne regardent pas l’histoire. Ils regardent ceux qui leur ouvrent les bras. Et ce sont les Américains."

Mais la France refuse de croire qu’elle part avec un handicap. Si l’accord est signé, Laurent Fabius a d’ailleurs prévu de se rendre dès cet été en Iran. Il veut faire "vite et fort" , dit un diplomate, afin de relancer les relations franco-iraniennes.

La position de la France perçue comme intransigeante : le reportage d'Isabelle Labeyrie à Téhéran
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