Une première en Arabie Saoudite : une femme nommée à la tête d'une banque

Sarah al-Souhaïmi est un nouveau nom qui vient s'ajouter à la liste des femmes qui ont réussi à s'imposer dans un pays ultraconservateur. En Arabie Saoudite, les femmes se battent chaque jour pour obtenir les droits les plus élémentaires.

Vue de Riyad. 2014
Vue de Riyad. 2014 (AFP/Fayez Nureldine)
Le 6 mars, la NBC Capital, une banque d'investissements annonce la nomination de sarah al-Souhaïmi à sa tête. «Un nouveau nom qui vient s'ajouter à la liste des Saoudiennes qui ont réussi à s'imposer et à briguer des postes importants dans un royaume ultraconservateur où les femmes se battent chaque jour pour obtenir leurs droits les plus élémentaires», précise le quotidien Libanais L'Orient-Le Jour.

Dans ce pays où l'interdiction de la mixité empêche les femmes d'accéder à des métiers décisionnels, Sarah al-Souhaïmi fait figure de pionnière. Fille du PDG de la Gulf International Bank à Bahreïn, Jammaz al-Souhaïmi, cette Saoudienne a occupé de nombreux postes dans la finance, notamment celui de vice-présidente du comité de régulation de la Bourse saoudienne.

En réponse aux appels au respect des droits de la femme, l'Arabie Saoudite tente toutefois d'ouvrir une brèche dans le rigorisme. En février, une autre femme, Soumayya Jabarti s'est vu confier la rédaction de la Saudi Gazette, un quotidien national. Lors de sa prise de fonction, elle a émis le souhait de voir de plus en plus de femmes à la tête des médias. «Une brèche s'est ouverte et j'espère qu'elle deviendra une porte» a-t-elle déclaré à al-Arabiya.

Autre femme qui s'engage pour ses congénères, Manar al-Sharif. En octobre 2013, elle était à l'origine d'une campagne pour le droit des femmes à conduire dans un pays où celles-ci n'ont pas le droit de voyager seules.


D'autres Saoudiennes ont réussi l'exploit de s'imposer dans un monde traditionnellement réservé aux hommes, selon L'Orient-Le Jour. On peut citer Arwa al-Hujelli, première Saoudienne avocate. Mais aussi les sportives Sarah Attar et Wojdan Ali Seraj Abdulrahim Shaherkani. Leur participation aux JO n'est pas passée inaperçue. Une participation qui a suscité des applaudissemlents mais aussi des critiques sévères de la part des conservateurs.

La cinéaste Haifaa al-Mansour a réussi l'exploit de faire connaître l'Arabie Saoudite, dans un pays où les cinémas sont interdits. Une seule salle s'est ouverte en 2005 dans un hôtel et ne projette que des dessins animés. Son film Wadjda était en compétition aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger. Un film qui a reçu les prix France Culture Cinéma au festival de Cannes et a été ovationné à la Mostra de Venise et à Berlin.


Ce film met en scène une petite fille qui se bat pour avoir le droit d'enfourcher une bicyclette. Aucun autre film n'avait encore montré les rues de Riyad en plein jour. La réalisatrice y est parvenue en restant à l'abri des regards, cachée dans une camionnette. Haifaa al-Mansour a été soutenue par le prince al-Walid ben Talal, un membre progressiste de la famille royale.«En général, j'essaie de na pas être trop offensive quand j'évoque des sujets qui me tiennent à cœur, tel que le droit des femmes saoudiennes et la nécessité de leur accorder davantage de libertés» a-t-elle confié à France 24.

Même si le film n'a jamais été projeté en Arabie Saoudite, il semble avoir eu son petit effet. Au printemps 2013, la police religieuse a autorisé les femmes à rouler à bicyclette «à condition de demeurer vêtues de l'abaya (longue robe noire traditionnelle)» et d'être accompagnées d'un homme.

Ces femmes sont des précusseures dans un pays où elles n'ont pas le droit de conduire, doivent avoir l'autorisation d'un tuteur pour voyager ou se marier, et être accompagnées pour se faire ausculter chez le médecin.

Le souhait de Soumayya Jamarti, la première femme rédactrice en chef, serait que «l'action d'une seule femme puisse se répercuter sur toutes les femmes Saoudiennes».