Pèlerinage à la Mecque : 2e source de revenus après le pétrole pour le royaume

Le tourisme religieux est la deuxième source de revenus derrière le pétrole en Arabie Saoudite. On estime à près de 9 millions le nombre de pèlerins qui se rendent chaque année à La Mecque et à Médine pour le hadj ou la Omra, le petit pèlerinage. Une source de revenus substantiels pour le royaume wahhabite, estimés cette année à plus de 40 milliards de dollars.

Pèlerins à la Mecque pour le hadj en septembre 2015
Pèlerins à la Mecque pour le hadj en septembre 2015 (AFP/ Ozkan bilgin / Anadolu Agency)

Deux millions de fidèles sont attendus cette semaine à la Mecque pour le grand pèlerinage annuel. 30% d’entre eux sont des Saoudiens ou des résidents du royaume, les autres arrivent de l’étranger. Selon une étude de la Chambre de commerce de La Mecque, les pèlerins dépensent en moyenne 17.381 riyals, soit 4633 dollars, essentiellement dans le logement, la nourriture et les souvenirs.
                                                                                                    
L’Omra, le petit pèlerinage
Si l’on considère à la fois le grand et le petit pèlerinage, lequel peut être effectué à n’importe quel moment de l’année, on estime à plus de 9 millions, le nombre de touristes religieux accueillis chaque année dans le royaume.
 
Six millions de fidèles ont effectué les rites de la Omra durant le mois du ramadan. Pour faire face à ce défi, l’Arabie Saoudite a entrepris des travaux gigantesques. 20 milliards d’euros vont être investis dans des projets de réhabilitation de la ville sainte. Des dizaines d’hôtels et d’immeubles d’habitation doivent être érigés dans les prochaines années. Sans parler du métro et d'une ligne à grande vitesse.

En 2012, le nombre de pèlerins venus célébrer l’Aïd el-Kebir à La Mecque avait dépassé les 3 millions et avait rapporté 16 milliards de dollars. Mais Ryad a préféré réduire de 20% le nombre de pèlerins étrangers en raison des travaux en cours.  
 
Une source de revenus qui progresse
Si l’Etat saoudien investit chaque année des montants colossaux pour agrandir ses mosquées, financer des écoles coraniques et des universités islamiques dans le royaume et le monde entier, c’est que le retour sur investissement est important. Le pèlerinage est une source de revenus, qui progresse année après année.
 
Tout musulman doit, s’il en a les moyens, effectuer le hadj, cinquième pilier de l’islam, au moins une fois dans sa vie. Dans ces conditions, La Mecque et Médine devraient accueillir 20 millions de visiteurs en 2020, soit une recette attendue d’environ 90 milliards de dollars par an.
 
Une manne financière non négligeable alors que les revenus du pétrole sont forte baisse en 2015 en raison de la chute des cours du brut. En tant que gardienne des lieux saints, la monarchie saoudienne trouve également dans ces grands rassemblements une légitimité religieuse et politique essentielle.