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New Delhi se mobilise pour rapatrier 10.000 ouvriers indiens d'Arabie saoudite

L’Inde est en pourparlers avec l’Arabie saoudite pour faire revenir près de 10.000 de ses ressortissants au chômage. Sans ressources depuis plusieurs mois, ces expatriés indiens, pour la plupart ouvriers sur des chantiers, sont des victimes collatérales de la chute des cours du pétrole à l’origine du ralentissement économique qui sévit dans le Royaume.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Des milliers d'Indiens d'Arabie Saoudite, victime du ralentissement économique, ont perdu leur emploi et n'ont pas les moyens de rentrer chez eux. (FAYEZ NURELDINE / AFP)

Le gouvernement Modi a dépêché, le 2 août 2016, à Ryad, son secrétaire d’Etat indien aux Affaires étrangères, le général Singh. Il est chargé de rapatrier près de 10.000 de ses ressortissants, bloqués dans le royaume saoudien. Ces travailleurs indiens ont perdu leur emplo,i il y a déjà plusieurs mois, et leurs salaires n'ont pas été versés. Sans ressources pour rentrer chez eux et pouvoir subvenir à leurs besoins sur place, les médias indiens ont révélé, le 31 juillet, le triste sort de ces immigrés «affamés» dans des camps.

La ministre des Affaires étrangères, Shuma Swaraj, a détaillé, le 3 août, devant le Parlement à New Delhi, la situation de ces travailleurs «là-bas qui ont faim et ont soif». Et la ministre d'ajouter: «Nous sommes en contact avec nos représentation diplomatiques et nous leur avons demandé de leur envoyer des vivres gratuitement».

Le consulat indien situé à Djeddah, à l’ouest de l’Arabie saoudite, distribue de la nourriture à ses ressortissants qui en ont besoin. Quelque 7.700 Indiens sont logés dans des camps où ils reçoient l'aide de leur gouvernement. Mais «cela ne peut pas être une solution permanente, nous devons les ramener», a encore expliqué Mme Swaraj, estimant qu'«aucun Indien ne peut dormir affamé. S'ils veulent revenir, le gouvernement doit s'assurer de leur retour... Nous avons une responsabilité collective envers nos citoyens».

Des navires et des avions civils ou militaires pourraient être affrétés vers le royaume saoudien pour évacuer ces Indiens en difficulté, qui sont majoritairement originaires du Kerala, Etat du sud de l'Inde, selon Le Monde. Certains attendent d'être payés ou simplement de récupérer leur passeport auprès d'entreprises dont certaines ont fait faillite. Dans ces conditions, difficile pour eux d'obtenir le fameux «certificat de non-opposition», document nécessaire pour obtenir un visa de sortie du territoire.


Chute des cours du pétrole
La chute des cours du pétrole entraîne un ralentissement sur le marché des constructions, secteur qui recrute précisément des Indiens. L'argent que ces travailleurs envoient à leur famille restée en Inde sélève chaque année à 33 milliards de dollars (29 milliards d'euros), selon Le Monde.

Les Indiens font partie des millions de travailleurs asiatiques pauvres immigrés dans les pays du Golfe où, selon des ONG, nombre d'entre-eux sont exploités. Près de trois millions d'entre-eux vivent et travaillent en Arabie Saoudite, selon Delhi. Ils constituent l'une des plus importantes populations expatriées d'Inde.

En novembre 2014, des ministres du Travail des pays du Golfe et d'Asie s'étaient entendus sur une série d'initiatives visant à améliorer la protection et les conditions d'emploi des travailleurs étrangers dans ces monarchies.
 
C'est la première fois que l'Inde a à gérer une crise humanitaire de cette ampleur dans un pays en paix qui traverse une crise économique. En 2015, le pays avait dû évacuer 43.000 personnes du Népal après les tremblement de terre, et près de 5.000 personnes du Yémen, pour cause de guerre civile, rapporte The Hindu, cité par Courrier international.

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