Irak : l'armée admet un "usage excessif" de la force après une nouvelle nuit de violences

Dimanche, le ministère de l'Intérieur avait annoncé que 104 personnes, dont huit membres des forces de sécurité, avaient été tuées depuis le début d'un mouvement antigouvernemental inédit en Irak.

Un manifestant dans les rues de Bagdad, en Irak, le 5 octobre 2019.
Un manifestant dans les rues de Bagdad, en Irak, le 5 octobre 2019. (AHMAD AL-RUBAYE / AFP)

Le commandement militaire irakien a admis, lundi 7 octobre, un "usage excessif de la force" lors d'affrontements avec des protestataires dans le bastion chiite de Sadr City, à Bagdad, qui ont fait 13 morts dans la nuit. "Nous avons commencé à demander des comptes aux officiers qui ont commis ces erreurs", indique le communiqué de l'armée après une nuit de chaos dans ce quartier de l'est de la capitale.

Jusqu'ici, les autorités, critiquées par les défenseurs des droits humains, affirmaient se conformer "aux standards internationaux". Dimanche en soirée et jusque tard dans la nuit, des témoins ont fait état de violents affrontements à Sadr City. Sur des images postées en ligne, des rafales de tirs ininterrompus, parfois à l'arme lourde, sont entendues alors que des manifestants brûlant des pneus se mettent à couvert.

Plus de 100 morts et de 6 000 blessés

Dimanche, le ministère de l'Intérieur avait annoncé que 104 personnes, dont huit membres des forces de sécurité, avaient été tués depuis le début, mardi, d'un mouvement antigouvernemental inédit en Irak.

>> Que se passe-t-il en Irak où les manifestations se succèdent ?

Il a ajouté que plus de 6 000 personnes ont été blessées à Bagdad et dans plusieurs villes du sud rapidement gagnées par la contestation.