Arabie Saoudite : des femmes à la tête des géants de la finance

Deux femmes saoudiennes viennent d’être nommées pour diriger deux importantes institutions financières dont la Bourse de Riyad. Ces nominations s’inscrivent dans le cadre d’un vaste programme de réformes qui fait plus de places aux femmes sur le marché du travail.

Un investisseur saoudien à la Bourse de Riyad.
Un investisseur saoudien à la Bourse de Riyad. (AFP/ Fayez Nureldine)

Si la femme saoudienne n’a pas le droit de conduire, elle peut en revanche prendre les commandes d’une grande banque nationale. C’est le cas de Rania Mahmoud Nashar qui vient d’être nommée PDG de la Samba Financial Group. C’est un évènement rare pour le royaume wahhabite ultraconservateur où les femmes ont beaucoup de mal à faire valoir leurs droits. Elles sont sous tutelle masculine. Pour travailler ou voyager, les Saoudiennes ont encore besoin de l’autorisation de leur père, de leur mari ou de leur frère.
 
Une patronne à la Bourse de Riyad
Malgré tous ces obstacles, certaines femmes arrivent à s’imposer (dans la vie active). Dans le monde de la finance, une autre Saoudienne, Sarah Al-Suhaimi, vient d’être nommée à la tête du conseil d'administration de la Bourse saoudienne, connue sous le nom Tadawul, la bourse arabe la plus importante du Moyen-Orient. Fille de banquier, elle avait été en 2014 la première femme à diriger une banque d’investissement saoudienne, la NCB Capital.
 
Le programme de réformes en marche
Si l’ingénierie et la finance étaient, jusque-là, strictement réservées aux hommes en Arabie Saoudite, les lignes semblent bouger. Entre 2010 et 2015, le nombre de femmes a augmenté de 50 % dans ces secteurs, comme le souligne l'agence Bloomberg. Cette modernisation s’inscrit aussi dans le cadre du vaste programme de réformes lancé en juin 2016 par le vice-prince héritier Mohammed Ben Samane. Il prévoit, entre autres, de relever de «23% à 28% la participation des femmes dans la population active», 
 
La modernisation, «une nécessité économique»
Parmi les pionnières, Lama Al-Sulaiman. En 2009, elle a été la première femme à co-diriger la chambre de commerce de Djedda avant d’être élue en 2015 à la mairie de Riyad lors des premières élections municipales ouvertes aux femmes. Das une interview à Géopolis, Lama Al-Sulaiman expliquait à cette occasion que les changements dans le royaume étaient difficiles mais incontournables.
«Ce sont les traditions et les pressions sociales qui rendent le changement difficile et non une quelconque réglementation… Les libéraux veulent tout changer, d’autres rien du tout. Il ne faut pas faire peur aux gens et brusquer les choses. Ce n’est pas pour plaire à l’Occident qu’il faut se moderniser, c’est une nécessité sociale et économique incontournable»,