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Migrants : Eurotunnel réclame 9,7 millions d’euros à la France et la Grande-Bretagne

Presque dix millions d'euros, c'est l'indemnisation que demande la société d'exploitation du tunnel sous la Manche à Paris et à Londres. En cause ? Les dépenses supplémentaires en termes de sécurité et les pertes causées par l'immigration clandestine.
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Radio France
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 (Le contrôle de la police retarde régulièrement le trafic du tunnel sous la Manche © Reuters)

Depuis la fin du mois de juin, quatre clandestins sont morts dans le tunnel sous la Manche. Noyade, électrocutions… Les causes de décès sont nombreuses chez les migrants qui tentent de rallier la Grande-Bretagne. Eurotunnel a du renforcer sa sécurité et a subi des pertes d'exploitations. Or celles-ci ont un coût : 9,7 millions d’euros. Une facture salée qu’elle réclame à Paris et à Londres.

 

Le PDG d’Eurotunnel, Jacques Gounon, détaille ces dépenses supplémentaires : "Au delà des des défenses passives (clôtures, barbelés, clôtures infrarouge, caméras de surveillance…), il y a une équipe de surveillance qui varie entre 150 et 200 personnes. Chaque nuit plusieurs centaines voire plusieurs milliers de migrants cherchent un trou pour se faufiler, ça nécessite des moyens appropriés ."

"Les pouvoirs publics doivent reconnaître la réalité du terrain"

Au premier semestre 2015, son entreprise a dépensé en sécurité l’équivalent du budget entier de l’année passée, soit 13 millions d’euros. Et les textes sont clairs : une partie de ces coûts peuvent être pris en charge par les pays qui lui ont alloué l’exploitation du tunnel. Londres s’est déjà engagée à avancer 4,7 millions d’euros pour l’année 2015. 

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Jacques Gounon demande à Paris et la Grande-Bretagne d’ouvrir les yeux : "Les pouvoirs publics doivent reconnaître la réalité du terrain […] Quand les migrants courent suffisamment vite pour arriver à monter dans les camions qui sont chargés sur les navettes, les forces de police nous obligent à arrêter le trafic. Nous nous faisons beaucoup, plus que le nécessaire ."

"Nous faisons beaucoup, plus que nécessaire", Jacques Gounon, PDG d'Eurotunnel
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Il prévient : "Nous ne sommes pas chargés du respect de l’ordre public et elle est donc légalement à la charge des Etats qui finiront par la payer même si nous devons aller la chercher de façon renouvelée par le biais de la justice."

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