Mayotte : des collectifs d'habitants organisent des expéditions punitives

Depuis quelque temps, des groupes de villageois partent à la chasse aux clandestins. Une équipe de France 2 fait le point sur la situation.

France 2

Face à l'immigration croissante en provenance des Comores, à Mayotte, des collectifs d'habitants organisent des expéditions punitives. Hommes, femmes, enfants, ensemble, ils partent à la chasse aux habitations clandestines. Cachées dans la végétation, se trouvent les baraques de fortune où vivent les habitants d'origine comorienne, qu'ils veulent chasser de leur village. Dans l'illégalité la plus totale, ils détruisent tout. Les gendarmes ne sont pas très loin, mais ont ordre de ne pas intervenir pour ne pas déclencher une émeute. Les habitants appellent ça "les décasages".

43% de sans-papiers

Depuis un mois, ces expulsions sauvages ont lieu partout sur l'île chaque dimanche. À Kani-Keli, des affiches appellent à la mobilisation contre les clandestins. Les rares habitants qui acceptent de s'exprimer ne mâchent pas leurs mots. Pour eux, les étrangers sont responsables de la délinquance. Ceux qui sont expulsés de ces villages viennent pour la plupart des îles voisines : Grande Comore ou Anjouan, à 70 km de là. Depuis que Mayotte est devenue un département français en 2011, elle attire de plus en plus de migrants. Aujourd'hui, l'île compterait 43% de sans-papiers. Une majorité de migrants économiques, mais aussi des femmes enceintes. Elles savent qu'accoucher à Mayotte donne une chance d'obtenir des papiers.

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Le bidonville de Kaweni ou vivent les sans papiers comoriens. Ile de Mayotte, juin 2012
Le bidonville de Kaweni ou vivent les sans papiers comoriens. Ile de Mayotte, juin 2012 (DELAGE JEAN-MICHEL / SIPA)