Les parents de l'homme tué par un policier se portent parties civiles

Ils ont accusé mercredi l'avocat du gardien de la paix de "présenter des éléments tronqués et faux". Dans le même temps, Amine Bentounsi était enterré à Meaux (Seine-et-Marne) après une marche blanche en sa mémoire.

Des policiers manifestent sur les Champs-Elysées contre la mise en examen pour \"homicide volontaire\" d\'un de leurs collègues, à Paris, le 25 avril 2012.
Des policiers manifestent sur les Champs-Elysées contre la mise en examen pour "homicide volontaire" d'un de leurs collègues, à Paris, le 25 avril 2012. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Les parents d'Amine Bentounsi, le multirécidiviste recherché et tué le 21 avril en Seine-Saint-Denis par un policier mis en examen pour "homicide volontaire", se sont portés parties civiles. Leur avocate, Samia Maktouf, l'a indiqué mercredi 2 mai, confirmant une information du quotidien Le Parisien. FTVi revient sur cette polémique qui n'en finit pas, alors qu'Amine Bentounsi a été enterré le même jour à Meaux (Seine-et-Marne).

• Pourquoi se portent-ils parties civiles ?

Selon leur avocate, "les parents de la victime dénoncent les déclarations faites par l'avocat du policier". Elle estime que les propos de Daniel Merchat, le défenseur du fonctionnaire, sont "en totale violation du secret de l'instruction", et qu'il a présenté "des éléments tronqués et faux visant à manipuler l'opinion publique". Daniel Merchat a affirmé que "le projectile" qui avait tué Amine Bentounsi avait "ricoché avant de le toucher, donc ce n'[était] pas un tir direct".

• La thèse de la légitime défense mise à mal

La position adoptée depuis le début de l'affaire par le gardien de la paix est fragilisée par le rapport d'enquête que s'est procuré le site internet du Point mercredi matin. Le policier aurait tiré "hors situation de légitime défense", affirme le rapport. Il mentionne "un tir à distance sans autre lésion de violence, de prise ou de défense". Toutefois, il relève "l'existence de tirs volontaires mais incontrôlés" de la part du policier. 

Dans sa version, le policier mis en examen racontait s'être retrouvé face au fuyard, qui "l'aurait alors visé en tendant son bras armé vers lui". Toutefois, selon l'autopsie, la victime a été tuée d'une balle dans le dos. Lors de sa garde à vue, le policier a reconnu avoir tiré sans sommation.

• Enterrement et marche blanche

Le cortège en mémoire d'Amine Bentounsi est parti de Meaux à 14 heures, après la prière des morts, en direction du cimetière, où l'homme a été enterré dans le carré musulman, a indiqué sa sœur aînée, Amal Bentounsi. Elle a précisé que les proches portaient "un tee-shirt avec sa photo, et l'inscription : 'Que justice soit faite' et un impact de balle'".

La marche devait initialement avoir lieu samedi après-midi. Mais elle a été annulée, la famille craignant des débordements. "On ne sait jamais ce qui pourrait se passer, si des délinquants se glissent dans la marche et qu'il y a des problèmes, on ne voudrait pas que ça se retourne contre nous", avait expliqué Abdellatif Bentounsi, le père d'Amine.