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Les dernières paroles du cardinal Martini : "L'Eglise a 200 ans de retard"

Dans un entretien réalisé en août, et publié au lendemain de sa mort, le cardinal Martini dresse un portrait au vitriol de l'Eglise catholique.

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Le cardinal Carlo Maria Martini, à la basilique Saint-Pierre de Rome, le 16 avril 2005. (THOMAS COEX / AFP)

Sa dernière interview ne sera pas passée inaperçue. Dans un entretien réalisé en août, et publié samedi 1er septembre par le Corriere della serra, le cardinal Martini, mort vendredi à l'âge de 85 ans, dresse un portrait au vitriol de l'Eglise catholique, institution qu'il présente comme ayant "200 ans de retard".

"Notre culture a vieilli, nos églises sont grandes et vides, la bureaucratie ecclésiastique est omniprésente, nos rites religieux et les habits que nous portons sont pompeux", tacle le cardinal, considéré jusqu'à sa mort comme une grande figure du courant progressiste.

Divorce, préservatif, femmes prêtres : pas de sujet tabou

Le cardinal militait pour une politique beaucoup plus ouverte à l'égard des personnes divorcées. Sans quoi l'Eglise perdra la confiance des générations futures, prédit-il dans cet entretien. Selon lui, la question n'est pas de savoir si ces couples peuvent communier, mais comment l'Eglise peut accompagner ces situations familiales complexes.

Prônant "une transformation radicale, à commencer par le pape et ses évêques", le cardinal Martini, très respecté par Jean-Paul II et Benoît XVI, n'hésite pas à mettre les pieds dans le plat : "Le scandales sexuels avec des enfants nous obligent à emprunter le chemin d'une transformation."

Atteint depuis dix ans de la maladie de Parkinson, ce grand intellectuel jésuite s'était par le passé montré ouvert sur la question du préservatif ("un moindre mal") et des femmes prêtres.

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