Les défis qui attendent Paris à la tête du Conseil de sécurité de l'ONU

Paris préside le conseil de sécurité de l'ONU au mois d'août. La Syrie, le Mali et le Liban seront au coeur des débats.

Le Conseil de sécurité des Nations unies à New York, jeudi 19 juillet 2012.
Le Conseil de sécurité des Nations unies à New York, jeudi 19 juillet 2012. (MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

La France assure la présidence du Conseil de sécurité de l'ONU pendant tout le mois d'août. Au programme : le conflit en Syrie mais aussi la mission armée au Liban et la guerre civile au Mali. FTVi revient sur les dossiers chauds qui attendent l'Hexagone.

Quel est le rôle de la France à partir du 1er août ?

Le Conseil de sécurité de l'ONU est formé de 15 membres permanents dont la France, et de dix membres élus pour deux ans. "Le président doit organiser les débats et convoquer les réunions avec les quatorze autres membres. S'il y a une urgence c'est aussi au président de gérer la situation et de réunir tous les membres", explique Gérard Araud, représentant permanent de la France auprès de l'ONU sur FranceOnu Tv, qui rappelle également que le pays n'a pas été à la tête de cette instance depuis mai 2011.

Définir les suites de la mission au Liban

La France devra décider du sort de la mission des Nations unies au Liban (Finul), mandatée pour rétablir la paix au sud du Liban depuis 2006. Les casques bleus sont sur le territoire depuis qu'a éclaté le conflit armé opposant Israel au mouvement islamiste libanais Hezbollah. "Nous devrons modifier ou renouveler cette mission selon ce que nous demandera le Secrétaire général de l'ONU [Ban Ki-moon ndlr]", souligne Araud. 

Débloquer la situation en Syrie 

En Syrie, où le conflit a déjà fait plus de 15 000 victimes, la situation diplomatique est au point mort. Le Conseil de sécurité a voté le prolongement pour une "ultime période de trente jours" de la mission des 300 observateurs désarmés de l'ONU qui avaient été déployés en avril, dans le cadre du plan de paix de l'émissaire spécial des Nations unies, Kofi Annan.

Mais il faut "tout tenter", a déclaré lundi 30 juillet le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, sur RTL. Le ministre a annoncé que Paris allait demander une réunion d’urgence au niveau ministériel du Conseil de sécurité de l'ONU pour discuter de la situation syrienne.

La présidence française devrait surtout préparer le retrait des observateurs en bon ordre, à moins d'un changement sur le terrain, relate Libération (article payant). "A quoi bon envoyer des employés de l'ONU sans armes en Syrie pour observer les violences dues au régime Assad, quand il n'existe pas de dispositif pour que le régime subisse les conséquences d’avoir manqué à ses obligations ?", avait martelé Susan Rice, ambassadrice américaine à l'ONU, avant de dénoncer : "Le Conseil de sécurité a totalement échoué dans sa tâche la plus importante de cette année." 

Trancher sur une éventuelle intervention au Mali

Le conflit armé qui voit s'affronter le groupe islamiste d'Ansar Eddine et le pouvoir central malien dans la région du nord ne cesse d'empirer depuis quatre mois. Le vide institutionnel laissé par la destitution de l'ex-président par la junte militaire, a conduit à la déliquescence de l'Etat et à une anarchie totale dans le pays, détaille le quotidien algérien l'Expression.

"Nos amis africains vont demander l'autorisation d'envoyer une force africaine à Bamako, au Mali. [Ils demandent aussi que l'ONU] aide le gouvernement malien à conquérir le Nord qui (...) est tombé entre les mains des extremistes islamistes" raconte Gérard Araud.

Le secrétaire général de l'ONU présentera aux 15 membres du Conseil de sécurité un rapport sur le Mali le 8 août.