Le Maroc sur la voie de la réforme ?

François Hollande est en visite d'Etat au Maroc pour "consolider les liens entre la France et son premier partenaire au Maghreb". Ce pays est l'un des rares de la région qui n'a pas connu de Printemps arabe, malgré les importantes manifestations menées par ce qu'on appelle le mouvement du 20 février.

(Reuters)

Peut-on pour autant  parler d'exception marocaine ? C'est le point de vue des "Amis du Maroc ", des personnalités qui voient d'abord dans le Maroc la réussite d'un pays qui a su faire la synthèse entre la tradition arabo-musulmane et la modernité occidentale, notamment européenne. 
C'est l'analyse de Charles Saint-Prot qui dirige l'Observatoire d'études géopolitiques, l'OGE. Il estime que le Maroc n'a pas connu cette phase de chaos, car le roi a su entreprendre des reformes comme celle de la Constitution. C'est donc une "première étape vers une révolution tranquille"

Le mouvement du 20 février

Certains parlent de ce mouvement comme de l'alliance de la carpe et du lapin, entre les trotskystes et les ultra-islamistes qui voulaient abattre la monarchie.

Les leaders du mouvement du 20 février, date des premières manifestations, reconnaissent cette alliance de tous les exclus, et ses contradictions. D'ailleurs les islamistes radicaux  "justice et bienfaisance" sont partis et les militants laics se sont essouflés. Mais ils continuent à contester la monarchie marocaine dont "le socle est le pouvoir religieux" , explique Zineb El Rhazoui, l'une des fondatrice du mouvement.

Printemps marocain

Il a bien eu lieu, pour les activistes du mouvement du 20 février, mais le changement sera plus long car il ne s'agit pas d'une dictature. 

En attendant, depuis les élections anticipées de novembre 2011, le Premier ministre, Benkirane est un islamiste PJD... Mais le roi Mohammed VI continue de régner.

Car le roi a fini par proposer une nouvelle Constitution qui sera adoptée par un référendum avec 98 % de Oui, mais c'est une réforme cosmétique, selon les contestataires, qui désormais ne s'expriment plus dans la rue ni dans la presse, mais sur Internet et les réseaux sociaux.

Ils affirment qu'au moins une centaine d'activistes sont prisonniers politiques. Pour Omar Radi, cyber-journaliste, la victoire du PJD, le parti islamiste modéré aux législatives anticipées de novembre 2011, n'a rien changé ; c'est toujours le roi qui dirige le pays.

Un demi-printemps

Alors printemps ou pas, il s'est bien passé quelque chose au Maroc, mais d'une certaine façon le peuple qui considère les islamistes"comme des amateurs"  réaffirme  plus que jamais sa confiance au roi. Selon le politologue Mohamed Darif, "la participation des islamistes au pouvoir renforce la légitimité de la Monarchie marocaine" .