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Pourquoi les cours du pétrole continuent de s'effondrer

Le baril est tombé sous les 50 dollars pour la première fois depuis 2009. 

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France Télévisions
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Un puits de pétrole dans le Dakota du Nord (Etats-Unis), le 21 août 2013. (KAREN BLEIER / AFP)

La chute continue. Le baril de Brent est descendu, mercredi 7 janvier, sous la barre symbolique des 50 dollars. C'est la première fois depuis 2009 qu'il repasse en dessous de ce seuil. Le Brent de la mer du Nord, la référence européenne du brut, pour livraison en février, a chuté jusqu'à 49,92 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres en début de matinée, avant de se reprendre quelque peu. Il coûtait 50,15 dollars peu après, en baisse de près d'un dollar par rapport à sa clôture de la veille.

Francetv info relève les quatre principaux facteurs de cet effondrement. 

Parce que l'offre est supérieure à la demande 

Cette chute s'explique d'abord par la décision de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de maintenir son objectif de production, et par la surabondance d'offre sur le marché. "La baisse des prix du pétrole n'a pas de fin en vue, puisqu'un énorme excédent d'offre, d'environ 1,5 million de barils par jour, est attendu pour le premier semestre 2015 et va continuer à peser sur les cours", notent les experts de Commerzbank.

"Le mouvement sous les 50 dollars montre bien quelle est la tendance, et sans signe de l'Opep face à la surproduction, il est probable que nous assistions à une chute vers les 40 dollars dans les semaines à venir - a fortiori vu que la demande ne repart pas", explique Michael Hewson, analyste chez CMC Markets.

Parce que les producteurs se livrent une guerre des prix 

L'Arabie saoudite vient de réduire ses prix de vente officiels pour livraison en février vers l'Europe et les Etats-Unis, selon plusieurs analystes. Le royaume est ainsi fidèle à sa nouvelle stratégie de protection de ses parts de marché.

Début décembre, l'Arabie saoudite avait déjà baissé drastiquement ses prix officiels pour le brut exporté vers l'Asie et les Etats-Unis, mais pas vers l'Europe. Une décision alors largement interprétée comme une nouvelle étape dans la "guerre des prix" visant notamment à contrer le développement du pétrole de schiste américain, plus cher à extraire.

Parce que le pétrole de schiste américain fait concurrence

Dopée par l'essor de l'exploration du schiste, la production américaine a explosé au cours des dernières années, et grignote les parts de marché de l'Opep.
 
Comme le rappelle Le Monde, l'Agence américaine d'information sur l'énergie prévoit d'atteindre 9,5 millions de barils en 2015, et l'année précédente, la production de pétrole américain a bondi de 15 %, la plus forte progression en vingt ans. Conséquence, les importations d'or noir diminuent proportionnellement à la hausse de la production.

Parce que la reprise économique se fait attendre

Le plongeon des cours du pétrole est amplifié par des inquiétudes sur la reprise économique.

"La faible croissance et la faible demande en Chine et en Europe devraient rester les principaux facteurs à mesure que la bataille pour les parts de marché s'intensifie. Il y aura sans doute encore de fortes oscillations dans l'intervalle, mais la direction générale semble claire, à moins que l'Opep n'intervienne", analyse Michael Hewson.

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