Alain Juppé présent au mystérieux sommet du groupe Bilderberg

Dirigeants politiques et grands patrons se retrouvent de jeudi à dimanche dans un hôtel de luxe isolé en Autriche.

Des manifestants protestent contre une réunion du groupe Bilderberg, le 6 juin 2013, à Watford, au nord de Londres.
Des manifestants protestent contre une réunion du groupe Bilderberg, le 6 juin 2013, à Watford, au nord de Londres. (JUSTIN TALLIS / AFP)

Dirigeants politiques, grands patrons, puissants en tout genre... ils se réunissent discrètement chaque année au groupe Bilderberg pour échanger sur la marche du monde. Cette année, les discussions vont notamment porter sur la Grèce, la Russie et l'Iran, entre jeudi 11 et dimanche 14 juin, dans un hôtel de luxe isolé dans la montagne près de Telfs (Tyrol, ouest de l'Autriche), protégés par un dispositif de sécurité maximale. 

Alain Juppé en invité

Quelque 140 participants sont attendus. Leurs discussions à huis clos ne feront l'objet d'aucun compte-rendu, une règle qui nourrit depuis longtemps les théories conspirationnistes. Dans la liste des invités, se trouvent notamment le Premier ministre belge, Charles Michel, son homologue néerlandais, Mark Rutte, et le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, qui vont côtoyer les grands patrons Eric Schmidt (Google), Thomas Enders (Airbus), John Elkann (Fiat Chrysler) ou encore Michel O'Leary (Ryanair).

Parmi les Français invités figurent entre autres Laurence Boone, conseillère économique de François Hollande, le patron de Michelin, Jean-Dominique Senard, le maire de Bordeaux et futur candidat aux primaires de la droite Alain Juppé, le directeur de l'Institut Montaigne, Laurent Bigorgne, ou l'universitaire spécialiste du monde arabe Gilles Kepel.

Le climat absent des débats

Tous doivent débattre jusqu'à dimanche de thèmes qui tournent largement autour de la sécurité, du terrorisme, des technologies de l'information et des grands dossiers géopolitiques en cours. Le Proche-Orient, l'Otan, la "stratégie européenne", les Etats-Unis et le Royaume-Uni figurent ainsi au menu annoncé sur le site bilderbergmeetings.org, l'unique source officielle par laquelle le groupe communique. Le climat, l'un des principaux thèmes du sommet du G7 qui vient de s'achever dans la Bavière voisine, est en revanche absent des débats.

Objet de nombreux fantasmes, le groupe Bilderberg est dépeint par ses détracteurs comme une sorte de directoire occulte du monde, où des décisions cruciales seraient prises sans contrôle ni légitimité démocratiques. D'autres critiques reprochent à ce cénacle de défendre une orientation ultra-libérale de la mondialisation.