VIDEO. Quand la Corée du Nord enlevait des Japonais pour former ses espions

Dans les années 1970 et 1980, des dizaines de Japonais ont été enlevés par le régime nord-coréen pour former ses espions aux us et coutumes nippons.

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C'est une histoire à peine croyable, digne d'un roman d'espionnage. Elle est pourtant bien réelle. Dans les années 1970 et 1980, le régime nord-coréen a fait enlever des dizaines de citoyens japonais dans le seul but de former ses espions à la langue et à la culture nippones, afin de mieux infiltrer l'archipel ennemi. Officiellement, les autorités japonaises reconnaissent l'enlèvement par Pyongyang de 17 de leurs ressortissants - huit hommes et neuf femmes - entre 1977 et 1983. Mais l'Association des familles et l'Association nationale pour le secours aux Japonais enlevés par la Corée du Nord avancent, elles, des chiffres bien supérieurs. On compterait ces victimes par centaines.

Il faut attendre 2002 pour que le régime nord-coréen avoue ces enlèvements - treize seulement. Le Premier ministre japonais d'alors, Junichiro Koizumi, l'annonce à l'issue d'une visite au dirigeant nord-coréen de l'époque, Kim Jong-il. Dans la foulée, cinq citoyens japonais enlevés sont libérés par la Corée du Nord et peuvent enfin retrouver leurs familles au Japon. Les huit autres Japonais kidnappés sont morts, selon Pyongyang. Une version à laquelle Tokyo n'a jamais cru. Depuis, les familles de victimes continuent de se battre pour savoir ce que sont devenus leurs proches. Et ce dossier empoisonne toujours les relations déjà extrêmement tendues entre le Japon et la Corée du Nord.

Enlèvements en bord de mer et navires gigognes

La plus jeune de ces victimes s'appelait, Megumi Yokota, raconte Le Monde. Elle avait 13 ans quand elle a disparu en 1977 dans la ville côtière de Niigata. Le gouvernement nord-coréen affirme qu'elle s'est suicidée en 1994. En 2004, la Corée du Nord a retourné les cendres de deux corps humains, en déclarant qu'il s'agit entre autres de ceux de Megumi Yokota. Après un test ADN, le Japon a conclu que ces restes n'appartenaient pas à la jeune fille. "Megumi avait en fait été enlevée, puis transportée sur un bateau", avance Toshiaki Takeda, un policier chargé de l'enquête. "Comme elle appelait à l'aide, et faisait beaucoup de bruit, elle a été jetée dans la cale"

Une bataille navale entre un garde-côte japonais et un faux chalutier nord-coréen a livré l'un des mystères de ces enlèvements. Lorsque le Japon a renfloué l'épave du navire sabordé par les Nord-Coréens, on a découvert que le chalutier avait une porte à l'arrière, et pouvait contenir un autre bateau rapide et difficilement repérable. Ces navires gigognes servaient à enlever des Japonais qui se baladaient imprudemment sur le bord de mer.

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Les parents de Megumi Yokota montrent des photos de la jeune fille enlevée par la Corée du Nord, le 16 novembre 2004 lors d\'une conférence de presse à Tokyo (Japon).
Les parents de Megumi Yokota montrent des photos de la jeune fille enlevée par la Corée du Nord, le 16 novembre 2004 lors d'une conférence de presse à Tokyo (Japon). (AFP / JIJI PRESS)