Venise : la ville, déjà sous l'eau, redoute une nouvelle marée haute dévastatrice

Déjà inondée, la ville italienne redoute une nouvelle montée des eaux.

Dans la vieille ville de Venise, en Italie, le 17 novembre 2019.
Dans la vieille ville de Venise, en Italie, le 17 novembre 2019. (ALESSANDRO ROTA / AFP)

La Cité des doges sous l'eau. Venise attend, dimanche 17 novembre, une nouvelle acqua alta exceptionnelle. Déjà dévastée par deux montées des eaux en une semaine, la Sérénissime est en état d'urgence. 

A la mi-journée, les services météorologiques annonçaient un niveau d'eau à 1,60 m, dangereux pour les habitants et les touristes. Vendredi, la marée haute a atteint 1,54 m et a contraint la ville à fermer l'accès à l'emblèmatique place Saint-Marc. Mardi déjà, Venise avait connu sa pire acqua alta en cinquante-trois ans : l'eau était montée à 1,87 m, soit le deuxième record historique après celui du 4 novembre 1966 à 1,94 m. 

Le tourisme en berne

Eglises, commerces, musées et hôtels de la ville, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, ont été envahis par les eaux, et les distributeurs de billets étaient hors d'usage samedi. "Venise est dévastée, il y a pour un milliard [d'euros] de dégâts", déplorait le maire, Luigi Brugnaro. L'édile a annoncé vendredi l'ouverture d'un compte bancaire pour tous ceux qui, en Italie et à l'étranger, souhaitent contribuer aux réparations. "Venise, endroit unique, est l'héritage de tout le monde. Grâce à votre aide, Venise brillera de nouveau."

Venise, qui compte 50 000 habitants, reçoit 36 millions de touristes par an, dont 90% d'étrangers. Avec ces grandes marées exceptionnelles, les hôtels commencent à déplorer des annulations pour les fêtes de fin d'année. La ville, bâtie sur 118 îles et îlots en majorité artificiels et sur pilotis, est menacée d'engloutissement. Elle s'est enfoncée de 30 centimètres dans la mer Adriatique en un siècle.

Selon le ministre de l'Environnement, Sergio Costa, la fragilité de Venise s'est accrue en raison de la "tropicalisation" de la météo, liée au réchauffement climatique, avec d'intenses précipitations et de fortes rafales de vent. Les écologistes montrent aussi du doigt l'expansion du grand port industriel de Marghera, situé en face de Venise, et le défilé des bateaux de croisière géants.