Mort de l'étudiant Giulio Regeni : l'Egypte autorise Rome à envoyer des experts

Ces experts vont tenter de récupérer des images de vidéosurveillance tournées dans le métro du Caire, avant la disparition du jeune homme, le 25 janvier 2016. La presse italienne et les milieux diplomatiques occidentaux soupçonnent toujours les services de sécurité égyptiens.

Le 25 juillet 2016 à Rome (Italie), un homme tient une photo de Giulio Regeni pour réclamer la vérité sur sa disparition et sa mort.
Le 25 juillet 2016 à Rome (Italie), un homme tient une photo de Giulio Regeni pour réclamer la vérité sur sa disparition et sa mort. (STEFANO RONCHINI / CITIZENSIDE / AFP)

L'Italie pourra envoyer des experts au Caire, annonce le parquet égyptien, dimanche 22 janvier, afin de récupérer des images de vidéosurveillance. La justice italienne va essayer de récupérer les images enregistrées dans une station de métro, où le jeune homme serait entré avant son enlèvement et sa mort, en janvier 2016.

Ces extraits ont été supprimés et l'Egypte affirme qu'elle n'a pas les moyens de se procurer le logiciel nécessaire pour les récupérer. La justice égyptienne a également donné son feu vert à l'envoi d'experts de "la seule compagnie allemande spécialisée dans la récupération de données de cet appareil d'enregistrement".

L'étudiant travaillait sur les mouvements ouvriers

Giulio Regeni, 28 ans, avait disparu le 25 janvier 2016 en plein cœur du Caire. Son corps avait été retrouvé neuf jours plus tard dans la banlieue de la capitale, atrocement mutilé et torturé. Ce doctorant de l'université britannique de Cambridge était en Egypte pour une thèse sur les mouvements ouvriers, un sujet sensible pour un gouvernement, qui craint les grèves et les troubles sociaux.

Lors d\'une manifestation au Caire le 15 avril 2016, un activiste égyptien tient une affiche appelant à ce que justice soit faite pour le jeune Italien, Giulio Regeni, assassiné au Caire fin janvier 2016.
Lors d'une manifestation au Caire le 15 avril 2016, un activiste égyptien tient une affiche appelant à ce que justice soit faite pour le jeune Italien, Giulio Regeni, assassiné au Caire fin janvier 2016. (MOHAMED ABD EL GHANY / REUTERS)

Un dirigeant syndical "a communiqué à la police des informations concernant l'étudiant italien le 7 janvier 2016", indiquait un communiqué signé en septembre par le procureur de Rome, Giuseppe Pignatone, et son homologue égyptien, Nabil Sadek. "Pendant trois jours, la police a enquêté sur ses activités, qui se sont avérées sans intérêt pour la sûreté nationale et les investigations ont donc cessé".

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En décembre, ce représentant syndical, Mohamed Abdallah, avait accordé un entretien à la version arabe du Huffington Post, cité par L'Espresso (en italien), où il exprimait sa "fierté d'avoir dénoncé" Giulio Regeni aux autorités. Malgré les démentis du Caire, la presse italienne et les milieux diplomatiques occidentaux soupçonnent des membres de l'un des services de sécurité égyptiens d'avoir enlevé et torturé à mort Giulio Regeni.

Battu avec des poings, bâtons et marteaux

Des Italiens manifestent à Rome (Italie) pour obtenir des réponses sur l\'affaire Giulio Regeni, le 26 juillet 2016.
Des Italiens manifestent à Rome (Italie) pour obtenir des réponses sur l'affaire Giulio Regeni, le 26 juillet 2016. (STEFANO RONCHINI / CITIZENSIDE / AFP)

En décembre, le parquet égyptien a expliqué qu'il avait interrogé des policiers qui avaient enquêté sur Regeni quelques jours avant son enlèvement. La justice dit également avoir interrogé des policiers qui ont tué un groupe de criminels en mars. En effet, ces agents ont assuré que des effets personnels de l'étudiant se trouvaient au domicile de la femme du chef de ce gang. Le parquet avait toutefois confirmé "la faiblesse des indices" sur cette piste.

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Une autopsie réalisée en Italie avait montré que le corps de Giulio Regeni était couvert de coupures et qu'il avait plusieurs fractures, indiquant que le jeune homme avait été battu avec "des poings, bâtons et marteaux". La lettre "X" était gravée sur son front et ses mains, selon le rapport cité par les médias italiens.