La justice française remet en liberté le militant altermondialiste Vincenzo Vecchi, réclamé par les autorités italiennes

Il avait été arrêté dans le Morbihan, en août dernier, où il était installé et travaillait comme peintre en bâtiment. 

Des gendarmes français escortent Vincenzo Vecchi au palais de justice de Rennes, le 14 août 2019.  
Des gendarmes français escortent Vincenzo Vecchi au palais de justice de Rennes, le 14 août 2019.   (SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP)

Recherché depuis le G8 de Gênes en 2001, l'Italien Vincenzo Vecchi avait été arrêté en août dernier dans le Morbihan. Vendredi 15 novembre, sa remise en liberté a été ordonnée par la cour d'appel de Rennes, qui a constaté "l'irrégularité" du mandat d'arrêt européen concernant sa condamnation pour des événements survenus à Gênes lors du G8 de 2001. Le militant altermondialiste était réclamé par les autorités italiennes depuis son arrestation.

En 2009, Vincenzo Vecchi avait été condamné à douze ans et demi de prison par la cour d'appel de Gênes pour des faits survenus lors du sommet du G8 de 2001. Mais il n'a jamais purgé sa peine, car vivant dans la clandestinité depuis près de dix-huit ans. Son arrestation et son incarcération avaient d'ailleurs suscité une vive émotion à Rochefort-en-Terre (Morbihan), où il était installé et travaillait comme peintre en bâtiment. 

Deux mandats d'arrêt européens

Il a finalement été arrêté en vertu de deux mandats d'arrêt européens, l'un pour les événements de Gênes, l'autre pour une condamnation à la suite d'une manifestation à Milan contre l'extrême droite en 2006. Lors d'une audience le 24 octobre dernier, ses avocats avaient affirmé que de nombreux vices de procédure entouraient le dossier. La cour d'appel de Rennes avait, à ce moment, indiqué que la peine concernant Milan avait été "entièrement purgée", confirmant ainsi les arguments des avocats de Vincenzo Vecchi qui avaient mis en cause le mandat d'arrêt concernant cette condamnation à quatre ans de prison. 

L'avocat général avait cependant estimé qu'il n'y "avait pas lieu de refuser la remise" aux autorités italiennes, rappelant que Vincenzo Vecchi devait encore exécuter une peine de onze ans et demi de prison et qu'il serait emprisonné sous le régime du droit commun et non d'un régime spécial réservé aux détenus condamnés pour terrorisme. A l'audience, le militant altermondialiste avait dénoncé une "politique de la traque et de la vengeance".