L'Italie menacée par une invasion de sangliers?

La présence d'un million de sangliers sur la quasi-totalité du territoire italien représente-t-elle une menace? Un chiffre préoccupant pour les autorités, relayé dans les médias après l'attaque mortelle d’un promeneur septuagénaire, le 9 août 2015, à Cefalu en Sicile.

La chasse au sanglier est interdite dans les parcs nationaux et régionaux.
La chasse au sanglier est interdite dans les parcs nationaux et régionaux. (BRUNO MANUNZA / AGF / PHOTONONSTOP)
La police a ouvert une enquête et le maire de Cefalu décrété un jour de deuil communal le 10 août, jour des funérailles de Salvatore Rinau, 76 ans. Selon l’agence italienne Ansa, le septuagénaire avait laissé ses chiens à l'orée d'une réserve naturelle et voulu les défendre lorsqu'ils ont été attaqués par la harde. Son épouse a été grièvement blessée en tentant de lui venir en aide.

«Il est probable que le sanglier en question ait été une femelle désirant protéger ses petits, et qu'elle se soit sentie menacée par les chiens et leur maître», a déclaré au quotidien Il tempo Andrea Brutti, de l'Association nationale de protection des animaux.

Ce fait divers a conduit les médias italiens à se pencher sur la présence des sangliers dans la péninsule. Selon le Corriere della Serra, un million de ces animaux sauvages sont répartis sur 95% du territoire. A l'exception de la Vénétie, du contrefort des Alpes, du sud-est de la Sicile et de l'extrême sud des Pouilles, précise le journal. Une «invasion» qui s'explique par la facilité d'adapation de l'espèce à différents environnements et sa capacité à se reproduire notamment avec des porcs.

«Urgence nationale»
Interogé par le Corriere della Serrra, le président de la principale organisation des agriculteurs italiens (Coldiretti) a dénoncé «une urgence nationale, une situation Intenable»«C'est devenu une question de sécurité des personnes et de problème pour la vie des campagnes», a ajouté Roberto Moncalvo.

Si la chasse au sanglier est autorisée d'octobre à décembre, en dehors des parc nationaux et régionaux, leur prolifération a encouragé les dérives et un marché noir en Italie. «Pour un sanglier abattu légalement, deux le sont illégalement», a dénoncé Franco Ferroni, un des responsables du WWF, le Fonds international de protection de la nature. Un trafic à grande échelle qui représente, selon lui, plusieurs «centaines de milliers d'euros».