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Italie : pourquoi les ministres du parti de Berlusconi démissionnent

Cette démission ouvre une nouvelle crise politique en Italie, où le gouvernement réunissait la gauche et la droite.

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France Télévisions
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Le vice-Premier ministre italien Angelino Alfano, membre du PDL (à gauche) et le Premier ministre Enrico Letta (à droite), le 29 avril 2013 à l'Assemblée nationale. Le premier a quitté le gouvernement, samedi 28 septembre 2013. (ANDREAS SOLARO / AFP)

Une nouvelle crise politique s'ouvre en Italie. Les ministres membres du parti de Silvio Berlusconi, le Peuple de la Liberté (PLD, centre droit), ont décidé de remettre leur démission. Le porte-parole d'Angelino Alfano, vice-Premier ministre et dirigeant du PDL, l'a annoncé samedi 28 septembre au soir.

Cette démission soudaine ouvre une nouvelle séquence politique compliquée dans la péninsule. Enrico Letta avait en effet eu toutes les peines du monde à composer un gouvernement d'union droite-gauche, fin avril. Cela en raison du résultat des élections législatives de février, qui n'avaient pas permis de composer de majorité claire dans les deux chambres parlementaires.

Francetv info fait le point sur la situation.

Pourquoi les proches de Berlusconi ont-ils démissionné ?

Les ministres PDL reprochent d'abord à Enrico Letta d'avoir réclamé un vote de confiance au Parlement, au sujet d'une réforme de la TVA italienne portée par son gouvernement de coalition. Ils qualifient ce geste d'ultimatum "inadmissible et inacceptable", et accusent Letta d'avoir gelé dans l'intervalle toutes les décisions du gouvernement.

Mais cette fronde des ministres PDL a pour véritable origine la condamnation définitive de Berlusconi à une peine de prison pour fraude fiscale, le 1er août. Cette condamnation devait entraîner la déchéance du mandat de sénateur du Cavaliere, ce que son camp n'accepte pas. 

Les parlementaires PDL ont menacé de démissionner pour protester contre un vote de la commission du Sénat, attendu vendredi, sur la déchéance de leur champion. Selon eux, ce vote est la conséquence ultime et infamante d'un complot d'une gauche déterminée à mettre fin à la carrière de leur héros persécuté par les "juges de gauche".

Comment le chef du gouvernement a-t-il réagi ?

Dans un communiqué de dix lignes cinglant, Letta a réagi en affirmant que désormais "chacun au parlement assumera sa propre responsabilité devant le pays". "Pour chercher à justifier son geste fou et irresponsable, totalement destiné à protéger ses intérêts personnels, Berlusconi tente de retourner l'omelette en utilisant l'alibi (de l'augmentation de la TVA)", s'indigne Enrico Letta.

"La responsabilité de l'augmentation de la TVA est au contraire celle de Berlusconi et de sa décision de faire se démettre ses parlementaires, un fait sans précédent, qui prive le parlement et la majorité de la certitude nécessaire" pour donner aux mesures force de loi, argumente-t-il. "Les Italiens sauront renvoyer à l'expéditeur un mensonge tellement énorme et une telle tentative de déformer la réalité", fustige-t-il encore.

Que va-t-il se passer maintenant ? 

Les jeux politiques sont ouverts et incertains : Letta pourrait tenter de former un nouveau gouvernement, en comptant sur des défections diverses et des soutiens dans les formations à gauche de l'échiquier politique. Mais la majorité qui soutiendra le futur gouvernement risque d'être réduite, orientée plus à gauche, ce qui pourrait éventuellement affaiblir sa marge d'action, par rapport à une grande coalition.

Certains responsables de formations comme le mouvement anti-partis "Cinq étoiles" de Beppe Grillo ont souhaité de nouvelles élections. Mais cette hypothèse semble improbable car un nouveau scrutin risque d'aboutir à une impasse aussi grande, faute d'une modification de la loi électorale. Le rôle du président Giorgio Napolitano, pour donner des indications de sortie de crise, sera essentiel dans les prochains jours.

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