Au moins 25 000 ponts présentent des problèmes de sécurité, des sénateurs réclament un "plan Marshall"

Une mission d'information sur la sécurité des ponts avait été créée après l'effondrement du viaduc autoroutier de Gênes, en Italie. 

Un pont de l\'autoroute A8 à Menton (Alpes-Maritimes), le 28 août 2018.
Un pont de l'autoroute A8 à Menton (Alpes-Maritimes), le 28 août 2018. (MAXPPP)

L'état préoccupant d'"au moins 25 000 ponts" routiers en France exige un "plan Marshall" pour rénover ces ouvrages d'art dans les dix ans, en mettant l'accent sur l'assistance aux petites collectivités territoriales, estiment des sénateurs dans un rapport devant être publié jeudi 27 juin.

"Au moins 25 000 ponts sont en mauvais état structurel et posent des problèmes de sécurité et de disponibilité pour les usagers", s'alarme la mission d'information sur la sécurité des ponts, créée par dix sénateurs après l'effondrement du viaduc autoroutier de Gênes (Italie), qui a fait 43 morts le 14 août 2018. Parmi ces ouvrages problématiques, les sénateurs comptent 7% des ponts de l'Etat, 8,5% des ponts des départements, et "probablement 18 à 20%" des ponts des communes et des intercommunalités, selon ce rapport dont l'AFP a eu connaissance mercredi.

Ce que demandent les sénateurs

A cet égard, ils s'étonnent de l'"absence d'un recensement exhaustif des ponts gérés par les collectivités territoriales": "le nombre exact de ponts routiers en France n'est pas connu !" Il y en aurait entre 200 000 et 250 000.

La dégradation de l'état des ponts, qui "a fortement augmenté sur les dix dernières années", s'explique par le vieillissement des ouvrages construits dans l'après-guerre et "un sous-investissement chronique dans l'entretien du patrimoine", selon eux. Or, "l'état des ponts constitue avant tout un enjeu majeur de sécurité pour les usagers", soulignent-ils. Les sénateurs estiment donc "urgent" de "mettre en place un 'plan Marshall' pour les ponts".

Il demandent notamment de porter le montant des moyens consacrés par l'Etat à l'entretien de ses ouvrages d'art à 120 millions d'euros par an dès 2020 (contre 45 millions en moyenne ces dernières années) et à créer un fonds d'aide aux collectivités locales, qui serait doté de 130 millions d'euros par an pendant dix ans --soit 1,3 milliard d'euros au total-- en utilisant l'enveloppe jusqu'à présent dédiée à la mise en sécurité des tunnels (qui prendra fin en 2021).