Disparition de Simon Gautier en Italie : la localisation, "ce n'est pas comme à la télévision", se désole une ONG

Une semaine après son appel aux secours italiens, un randonneur français de 27 ans est toujours porté disparu en Italie. L'ONG EENA, qui milite pour l'amélioration des numéros d'urgence en Europe, pointe les défaillance d'un système.

Un secouriste à la recherche de Simon Gauthier, le 16 août 2019, près de Policastro en Italie. 
Un secouriste à la recherche de Simon Gauthier, le 16 août 2019, près de Policastro en Italie.  (HO / AFP)

"Le problème, c'est la localisation et malheureusement, ce n'est pas comme à la télé", a déploré vendredi 16 août sur franceinfo Jérôme Pâris, directeur de l'ONG EENA, qui milite pour l'amélioration des numéros d'urgence en Europe alors que Simon Gautier, un Français de 27 ans, est porté disparu depuis une semaine en Italie. Il avait appelé les secours vendredi 9 août en leur expliquant qu'il était tombé d'une falaise et qu'il s'était cassé les deux jambes.

franceinfo : Dans son appel aux secouristes italiens, Simon Gautier disait ne pas savoir où il était. D'après vous, un telle histoire ne devrait pas arriver, pourquoi ?

Jérôme Pâris : Malheureusement, l'histoire de Simon est une histoire de plus dans la longue histoire des services de secours en Italie, en Europe et partout dans le monde. Le problème, c'est la localisation et malheureusement, ce n'est pas comme à la télé. Les services de secours dans la plupart des pays européens ne peuvent pas vous localiser. Donc quand on vous parle de triangulation ou de ce genre de choses, ça n'existe pas.

La technologie existe-t-elle ?

La technologie existe depuis longtemps, puisque quand vous commandez un taxi ou une pizza, votre fournisseur de services sait vous localiser grâce au GPS qu'émet votre téléphone. Aujourd'hui, les services de secours n'ont même pas ce genre d'informations, ils se basent sur l'antenne qui relaie votre appel. C'est pour ça qu'ici, dans le cas de Simon, on est dans une zone d'à peu près 20 kilomètres. C'est énorme parce que c'est une région montagneuse, avec des crevasses. Donc 20 kilomètres, c'est tout simplement mission presque impossible.

Si l'outil existe, pourquoi n'est-il pas utilisé ?

L'outil existe, il est activé sur tous les téléphones Android et Apple dans le monde. La seule chose qu'il manque, c'est que les pays mettent en place la réception de ces données au niveau des centres d'appels d'urgence. Et c'est ici que le bât blesse, parce que dans certains pays, ça prend du temps. Ce sont des lourdeurs administratives, des rivalités entre régions dans des pays très régionalisés, etc. On lutte depuis maintenant 2015, depuis que cette technologie universelle et gratuite existe ! C'est natif, c'est par défaut sur notre téléphone et ça se déclenche quand vous composez un numéro d'urgence.

Malheureusement c'est un secteur, l'administration de manière générale, qui peine à prendre des décisions. Comme dans le cas de Caracal en Roumanie il y a quelques semaines [une jeune fille, enlevée, frappée et violée, avait contacter à trois reprises les secours. Quand la police est intervenue de longues heures plus tard, l'adolescente avait été tuée], c'était un cas de figure similaire. Il y a eu aussi d'autres dysfonctionnements dans cette affaire, mais le manque de localisation était également un problème. À cause de cette tragédie, ils ont décidé en Roumanie de mettre en place cette technologie d'ici quelques mois.