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Mouvement de contestation en Iran : trois autres manifestants condamnés à mort

Ces condamnations à la peine capitale surviennent 48 heures après l'exécution de deux manifestants, reconnus coupables d'avoir tué un paramilitaire lors du mouvement de protestation contre le régime.
Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Publié Mis à jour
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Des manifestants protestent contre les arrestations et les condamnations de manifestants iraniens, à La Haye (Pays-Bas), le 21 décembre 2022. (PHIL NIJHUIS / ANP MAG / AFP)

La répression se poursuit en Iran. Deux jours après l'exécution de deux manifestants, la justice iranienne a annoncé, lundi 9 janvier, trois nouvelles condamnations à mort. Comme les deux hommes exécutés samedi, ces trois manifestants condamnés en première instance ont été arrêtés dans le cadre du mouvement de contestation déclenché en Iran par la mort en détention de Mahsa Amini, une étudiante de 22 ans.

Selon l'agence du pouvoir judiciaire Mizan Online, Saleh Mirhashemi, Majid Kazemi et Saïd Yaghoubi sont accusés d'être impliqués dans la mort de trois membres des forces de l'ordre lors de manifestations dans la province centrale d'Ispahan, le 16 novembre 2022. Ils ont été reconnus coupables de moharebeh ("guerre contre Dieu" en persan), a précisé l'agence.

Au cours du même procès, deux autres personnes ont été condamnées à des peines de prison. Parmi elles, le footballeur Amir Nasr-Azadani, 26 ans, qui évolue dans un club local, a été condamné à 26 ans de prison cumulés. Mais selon la loi, il devrait purger la plus longue des sentences, qui est de 16 ans.

Plus de 100 manifestants encourent la peine capitale

Ces nouvelles condamnations à mort portent à 17 le nombre de personnes condamnées à la peine capitale en lien avec la contestation, selon un décompte établi par l'AFP. Parmi elles, quatre ont été exécutées et deux ont vu leur peine confirmée par la Cour suprême. Les autres attendent de nouveaux procès ou peuvent faire appel. 

Selon Amnesty International, l'Iran est le pays qui exécute le plus de condamnés à mort hormis la Chine. Au moins 109 manifestants actuellement en détention font face à des accusations passibles de la peine de mort, a fait savoir lundi le groupe Iran Human Rights (IHR).

L'annonce, samedi, de l'exécution de deux hommes, âgés de 22 et 39 ans, a suscité l'indignation de la communauté internationale.  A Paris, le ministère des Affaires étrangères a annoncé qu'il allait convoquer lundi le chargé d'affaires iranien à Paris "pour lui signifier" sa "plus ferme condamnation" des exécutions et de la répression actuelle en Iran. De son côté, la ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a annoncé lundi avoir convoqué "de nouveau" l'ambassadeur iranien à Berlin pour protester contre ces exécutions, qui "ne resteront pas sans conséquence". La Norvège, le Danemark, la Belgique et les Pays-Bas avaient également annoncé convoquer les ambassadeurs d'Iran en réaction à la mort par pendaison des deux hommes. 

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