Irak/Iran: le Général iranien Qassem Suleimani fait une apparition à Falloujah

En pleine offensive d’envergure contre Daech en Irak et en Syrie, des photos du légendaire général iranien Qassem Suleimani circulent sur les réseaux sociaux, attestant de sa présence dans la région de Falloujah en Irak. Plus qu’une simple supervision des opérations de reconquête dont il est la cheville ouvrière, il s’agit d’un message de l’Iran aux forces de la coalition emmenée par Washington.

Le commandant de la force Al-Qods des Gardiens de la Révolution iranienne, Qassem Suleimani, lors des célébrations du 37e anniversaire de la Révolution Islamique, le 11 février 2016, à Téhéran.
Le commandant de la force Al-Qods des Gardiens de la Révolution iranienne, Qassem Suleimani, lors des célébrations du 37e anniversaire de la Révolution Islamique, le 11 février 2016, à Téhéran. (STR/AFP)

L’intensification des opérations de la coalition emmenée par les Etats-Unis contre les principales positions de l’organisation Etat islamique en Syrie et en Irak s’est accompagnée d’une forte poussée de l’armée irakienne et des milices chiites pro-iraniennes associées contre la ville irakienne de Falloujah.

L'apparition du «fantomatique» général iranien Qassem Suleimani 
Débutée le lundi 23 mai, l’opération de reconquête de ce fief sunnite, tombé aux mains des djihadistes il y a deux ans, a aussitôt donné lieu à des spéculations sur les difficultés et la durée d’une telle bataille ou sur le sort des quelques 50.000 personnes qui s’y trouvent toujours.
 
Elle a aussi donné lieu à une apparition, à en croire de nombreux messages sur les réseaux sociaux, celle du légendaire et très «fantomatique» général iranien, Qassem Suleimani.

La photo du Chef de la force iranienne Al-Qods, Qassem Suleimani (à droite), à Falloujah, incrustée du logo de Harakat al-Nujama, une milice chiite irakienne proche de l\'Iran et du Hezbollah.
La photo du Chef de la force iranienne Al-Qods, Qassem Suleimani (à droite), à Falloujah, incrustée du logo de Harakat al-Nujama, une milice chiite irakienne proche de l'Iran et du Hezbollah. (Capture d'écran Twitter)
 
Puissant et mystérieux commandant de la force Al-Qods chargée selon la Constitution iranienne «de répandre la jurisprudence de la loi de Dieu partout dans le monde», il apparaît sur des photos, incrustées du logo Harakat al-Nujaba, une milice chiite proche de l’Iran et du Hezbollah libanais publiées sur Twitter.
 
Tantôt assis dans un centre opérationnel près de Falloujah, tantôt à pied sur un terrain non identifié en compagnie d’Abou Mahdi al-Mouhandess, son bras droit irakien, Qassem Suleimani serait sur place pour superviser la reprise de la ville.
 
Des déplacements autant militaires que politiques
Donné pour blessé au sud d‘Alep en septembre 2015, puis soigné et guéri, le chef de la force Al-Qods n’est pas du genre à pavaner devant les médias. Tout juste fait-il de brèves apparitions assimilées autant à des déplacements militaires qu’à des messages politiques.
 
Signalé à Beyrouth le 14 mai 2016 pour présenter ses condoléances au Hezbollah après la mort de son chef militaire Mustafa Badreddine, il aurait été vu ensuite dans un QG en Syrie avant de réapparaître près de la ville de Falloujah.
 
Outre qu’elle lui permet de suivre de près les opérations, sa présence dans cette cité aurait également pour but de rappeler à la coalition américaine que l’Iran n’est pas prêt à céder du terrain en Irak.
 
Plus qu'une guerre contre Daech, une revanche sur l'Irak
A 58 ans, ce proche du Guide suprême Ali Khamenei, avec lequel il partage le projet de créer une nouvelle civilisation islamique au Proche-Orient, bénéficie d’une aura durement acquise au long des huit années de guerre entre l’Iran et l’Irak.
 
Un passé qui fait dire à Ryan Crocker, ancien ambassadeur américain au Liban, au Koweit, en Syrie, au Pakistan et en Irak, que l’action de Qassem Suleimani est plus qu’une simple guerre contre l’Etat islamique.
 
Elle est une revanche sur le cessez-le-feu imposé par l’ONU, en juillet 1988, à l’imam Khomeiny dans la guerre contre Saddam Hussein et que le fondateur de la République islamique avait comparé à une «coupe de poison».