Irak: invasion pacifique de pèlerins iraniens

Des millions de pèlerins suivent les célébrations chiites de l’Arbaïn, l’un des plus grands pèlerinage au monde qui se déroule à Kerbala, au centre de l’Irak. Dans le contexte actuel, c’est aussi pour les chiites, irakiens et iraniens, une façon de marquer leur résistance au mouvement Daech.

Les pèlerins iraniens se pressent en masse au poste frontière avec l\'Irak pour participer au pèlerinage de Kerbala.
Les pèlerins iraniens se pressent en masse au poste frontière avec l'Irak pour participer au pèlerinage de Kerbala. (AFP)
D’ici le 13 décembre, on attend pas moins d’un million de pèlerins chiites venus d’Iran. C’est un pèlerinage important dans la tradition chiite, qui se déroule à la fois à Kerbala et également dans la ville voisine de Nadjaf. Second en ordre d’importance après celui de La Mecque.
 
L’Arbaïn est une fête religieuse à forte tonalité politique cette année. L’ayatollah Khamenei, le guide suprême iranien, a lui-même appelé ses compatriotes à se rendre à Kerbala. Pour l’occasion, les frais de visa ont été supprimés par l’Irak.
Les gardes-frontières, les traducteurs ont vite été dépassés par un tel afflux, salué par les responsables des deux pays.
 

L’heure est à l’union sacrée face aux sunnites de l’Etat islamique.
Qu’importe si les deux pays se sont livrés une des guerres les plus sanglantes du Moyen-Orient entre 1980 et 1988. Faisant entre 500.000 et un million de morts. Qu’importe si les uns sont arabes et les autres perses. Qu'importe enfin qu'un tiers de la population irakienne soit de confession sunnite.
 
Mais une telle affluence met les services de sécurité irakiens sur les dents. Ils craignent en effet une action d’éclat des hommes de Daech. Un attentat, une offensive éclair pourrait provoquer un carnage. Une cible de choix pour les islamistes.