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Défilés de mode dans l'Iran des mollahs

Fashion Week au pays des mollahs et des femmes voilées? Et oui, Téhéran a aussi ses défilés de mode. La dernière Fashion Week en date s’est tenue en février 2015. De jeunes stylistes iraniens ont présenté des créations pour hommes et femmes. Signe d'une libéralisation du régime alors que les négociations sur le nucléaire iranien se poursuivent? Certains veulent y croire.
Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié
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Iraniennes lors de la fête nationale en 2015 à Téhéran. (ATTA KENARE / AFP)
Les règles strictes imposées par la révolution islamique ne sont plus suivies à la lettre depuis longtemps. Couleurs vives, mèches apparentes, ont remplacé le noir des tenues imposées aux femmes dans les rues de Téhéran.
 
C’est dans ce contexte que s’est tenue en février dans la capitale iranienne une Fashion Week, manifestation destinée à la mode masculine et féminine. Une des créatrices iraniennes présente à ce salon, Neda Sadeghi, a raconté au site al-Monitor que «les femmes iraniennes sont de plus en plus impliquées dans l'industrie de la mode, non seulement comme clientes, mais aussi comme entrepreneuse».

Symbole d’une certaine hypocrisie iranienne, qu’avait bien mis en lumière le journaliste Armin Arefi dans son livre Dentelles et tchador, la créatrice raconte qu'«il ya deux côtés dans la mode en Iran, le quotidien admissible que l’on peut porter sur la rue (dont les limites sont constamment poussées par les femmes) et de l'autre, les tenues portées à la maison ou lors de soirées privées».
 
Le journaliste d'al-Monitor témoigne d’ailleurs de la créativité qui règne à Téhéran: «Vous pouvez voir beaucoup de modèles différents et de couleurs dans la rue et dans toutes les boutiques. Là où les couleurs sombres et sacs informes étaient obligatoires, il y a 20 ans, les moins de 50 ans préfèrent aujourd’hui des tuniques et des robes moulantes dans des couleurs vives. Beaucoup des tenues vendues dans les boutiques de Téhéran pourraient facilement être portées par les femmes occidentales.»


Pour les défilés, comme pour les tenues portées par les Iraniennes dans la rue, la liberté reste cependant contrôlée. La styliste a expliqué au journal que les modèles présentés pour les défilés de mode devaient recevoir l’aval des autorités.

Un autre créateur de vêtements, Sharif Razavi, voit un geste politique dans la possibilité de faire des présentations de mode. Il attribue cette plus grande liberté à l'administration du président Hassan Rohani. Et le styliste d’ajouter qu’il souhaite un accord sur le nucléaire, car cela pourrait notamment multiplier les échanges entre les Etats-Unis et l’Iran, notamment en matière de mode.
 
De son côté, le site Vice, qui rappelle qu’avant la révolution de 1979 les femmes (qui avaient les moyens) pouvaient s’habiller librement, présente une vidéo d’un défilé qui s’est tenu en mars 2014. Amusant de voir dans ce défilé, très officiellement autorisé, un mollah côtoyer de jolies demoiselles au voile plus qu’aérien, sous l’œil des fonctionnaires chargés de contrôler que le défilé de mode reste licite selon les normes officielles.

L'agence de presse non-officielle et proche des conservateurs, SNN, se félicitait d’ailleurs à propos de cette manifestation que «tous les éléments d'un défilé à l'occidentale» y ont été respectés : «Une salle sombreles projecteurs» qui éclairaient les mannequins, ainsi que «la musique rapide», qui «n'avait pas grande chose à voir avec la culture islamique iranienne», reprenait le blog du Monde sur l’Iran

Un défilé de mode ouvert par la lecture d’une sourate du coran tout de même. 


 

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