Viols collectifs : les touristes boudent l'Inde

Le nombre de touristes a chuté de 25% au cours du dernier trimestre, après les agressions sexuelles dont ont été victimes plusieurs femmes.

Des manifestants protestent contre les viols collectifs, à Lucknow (Uttar Pradesh, Inde), le 22 mars 2013.
Des manifestants protestent contre les viols collectifs, à Lucknow (Uttar Pradesh, Inde), le 22 mars 2013. (MANOJ CHHABRA / THE TIMES OF INDIA / AFP)

La recrudescence de viols collectifs en Inde suscitent l'émoi de la population, mais aussi la crainte des touristes. Selon l'Association indienne des chambres de commerce et d'industrie (Assocham), qui a interrogé 1 200 voyagistes de différentes villes, le nombre d'arrivées de touristes a chuté de 25% au cours du dernier trimestre par rapport à l'an dernier.

La chute est particulièrement importante concernant les femmes, dont le nombre a baissé de 35%. Selon cette étude (lien en anglais), publiée dimanche 31 mars, les voyageurs se sont détournés de l'Inde au profit d'autres pays d'Asie, comme la Malaisie ou la Thaïlande.

Annulations chez les voyagistes

La condition des femmes en Inde et les fréquentes agressions sexuelles qu'elles subissent sont sous les feux de l'actualité depuis le viol et la mort d'une étudiante à New Delhi en décembre 2012. D'autres affaires de viols ont depuis défrayé la chronique. En mars, une campeuse suisse a été violée par plusieurs hommes dans le Madhya Pradesh, tandis qu'en janvier, une Sud-Coréenne a été droguée puis violée dans le même Etat par le propriétaire de l'hôtel où elle séjournait.

Ces incidents ont "fait naître des inquiétudes sur la sécurité des voyageuses en Inde", estime D.S. Rawat, le secrétaire général de l'Assocham. Près de 72% des voyagistes interrogés ont fait état d'annulations au cours des trois derniers mois, en particulier de la part de femmes venant du Canada, des Etats-Unis et d'Australie. 

Selon D.S. Rawat, les problèmes de sécurité ont provoqué la chute du nombre de touristes, même si le ralentissement économique mondial a aussi joué. "La situation s'est aggravée avec les conseils de sécurité prodigués par plusieurs pays à leurs citoyens se rendant en Inde et leur demandant d'être prudents, voire d'éviter le pays", rapporte l'étude.