Inde : à New Delhi, les enfants des rues publient leur journal

«Balaknama», la voix des enfants. Un petit journal écrit par les enfants des rues de New Delhi, la capitale de l’Inde. Dans ses lignes, toute la misère des plus pauvres est dénoncée. Pour les jeunes reporters, l’exercice du journalisme permet de retrouver l’estime de soi.

De jeunes enfants des rues sont devenus des journalistes très motivés.
De jeunes enfants des rues sont devenus des journalistes très motivés. (AFP)

Grâce à l’ONG Chetna, 70 enfants sont aujourd’hui reporteurs dans leur quartier. Des journalistes qui puisent leurs papiers dans le quotidien des pauvres gens défavorisés. Les sujets sont graves : mariages forcés, drogue, violences…
 
Leur heure de gloire, ces reporters en herbe l’ont connue après avoir dénoncé les pratiques de policiers. Ces derniers employaient des enfants pour retirer les corps des victimes sur les voies ferrées. La révélation du Balaknama a obligé les autorités à mettre fin à ces pratiques.
 
Le journal a commencé modestement. A ses débuts en 2002, la publication de huit pages est trimestrielle. Aujourd’hui, Balaknama est mensuel et tire à 10.000 exemplaires. Le prix modeste de 2 roupies (3 centimes d’euro) empêche l’équilibre des comptes. Aussi, l’avenir du journal est loin d’être assuré.

 
Le plus paradoxal est sans doute que le public le plus intéressé par les contenus du journal est souvent… analphabète. Il s’agit d'enfants des rues et de leurs parents. Aussi, les jeunes reporteurs font souvent un autre travail: la lecture de leurs propres papiers.
 
Dans la mégapole de New Delhi et ses 17 millions d’habitants, l’ONG travaille auprès de 10.000 enfants des rues. Pour ces adolescents, le journal est un véritable outil d’intégration. Beaucoup ont un passé très difficile où, pour survivre, il fallait vivre de collectes dans les décharges ou de mendicité.
 
Ces enfants ne deviendront probablement pas des journalistes. Mais, ils ont retrouvé une dignité et l’envie de mener à bien des projets.