Handicap : et pourquoi pas l’accessibilité au pouvoir

Vous le savez certainement, 2015 devait être l'année où les personnes handicapées ne devaient plus vivre aucun problème d'accessibilité. Las. Mais plutôt que de se morfondre, voyons ce que pourrait être une géopolitique de l'accessibilité au pouvoir. Dans ce cadre, Géopolis vous propose une série de portraits. Ou quand les handicapés se donnent un destin de citoyen décideur... Présentation.

Mémorial Franklin D.Roosevelt (Washington D.C.).
Mémorial Franklin D.Roosevelt (Washington D.C.). (REUTERS)
C’est un combat, parfois contre soi, souvent contre la terre entière. Tout faire pour que le sentiment d’exclusion de la personne handicapée – qui est aussi et surtout une réalité – soit un jour une exception et non plus la règle. ACCESSIBILITÉ, tel serait le mot – et les actes –  censé apporter la réponse à ce que le quotidien produit d’insupportable en la matière... 

École, transports en commun, habitation, le fauteuil roulant ne devait plus connaître aucun obstacle à partir de 2015. Et patatras, voilà que la loi «handicap» du 11 février 2005 a été – comment dire ? – différée.
Pourtant, quelque 9,6 millions de personnes ont en France, selon l'Insee, un «problème de santé et rencontrent des difficultés importantes dans leur activité quotidienne». Ce qui devait s’appliquer, à savoir l’accessibilité à tout, pour tous, ne tiendra pas l’agenda fixé (on le sait depuis février 2014). Il faudra donc s'en remettre aux «agendas d'accessibilité programmée», créés par l'Etat, qui d'ores et déjà prévoient des délais de 3 à 9 ans pour mettre aux normes les infrastructures. 

L'accessibilité est fondamentale
Pourtant… Faut-il rappeler le constat qui fut fait au plus haut niveau de la «conscience politique internationale»? En 2003, l’Organisation des Nations Unies s’est dotée de 22 règles afin de favoriser l’égalisation des chances des personnes handicapées. La question de l’accessibilité occupe une place fondamentale. Elle constitue même la preuve qu’une société «défend ou pas, le principe d’égalité, que ce soit à l’égard de l’environnement physique de la personne ou vis-à-vis de l’information disponible, de la communication».

Enfin, toutes les règles dites «standard», édictées par ce même rapport consacré à la politique du handicap en Europe, ne sont pas «contraignantes», est-il dit, mais représentent «un engagement moral et politique» de chaque pays.

On voit donc bien le degré d’exigence auquel se situe la question de l’accessibilité. Mais la collecte de statistiques fiables et complètes sur ce que l’Union européenne appelle «les entraves auxquelles se heurtent les personnes handicapées dans l’exercice de leurs droits» n’est encore qu’un objectif. En d’autres termes, la photo de la situation est à peine lisible. Les données disponibles remontent à 2009. Selon elles, 80 millions de personnes seraient handicapées en Europe, soit 16% de la population. Leurs revenus seraient de 15% environ plus bas que la moyenne. Outre la pauvreté, qui constitue une réalité plus courante pour les personnes handicapées, les transports en commun sont particulièrement inhospitaliers en Italie, Grèce, Slovénie, Lituanie, Finlande.

Bref, puisque les chiffres viennent à manquer et qu’ils ne constituent qu’un aspect de la question, allons à la rencontre de ceux qui vivent ou ont vécu l’accessibilité au pouvoir. Portraits de personnages historiques, rencontres avec les acteurs de la vie politique ou économique en France et dans le monde. Voici le début d’une série consacrée à la géopolitique de l’accessibilité.

Après tout, c’est peut-être parce que des personnes handicapées prennent ou ont pris toute leur place dans la cité que la cité les considère peu à peu comme des citoyens à part entière.