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Pourquoi la Grèce est obligée d'instaurer un contrôle des capitaux

Depuis lundi matin, les Grecs ne peuvent retirer que 60 euros par jour en liquide.

Article rédigé par Simon Gourmellet
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
File d'attente devant une banque d'Athènes (Grèce), le 28 juin 2015.  (AYHAN MEHMET / ANADOLU AGENCY / AFP)

Des files d'attente devant les distributeurs de billets, et des retraits limités. La Grèce s'enfonce dans la crise après le refus des créanciers du pays de prolonger l'aide financière au-delà du 30 juin. Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a annoncé, dimanche 28 juin, la fermeture provisoire des banques et l'instauration d'un contrôle des capitaux. Jusqu'à la réouverture des guichets, les retraits seront limités à 60 euros par jour et par carte bancaire. Francetv info vous explique ce qui motive cette décision.

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Pour éviter un "bank run", une fuite massive des capitaux

En économie, tout est souvent question de confiance. Un sentiment balayé ces dernières semaines par le bras de fer entre la Grèce et ses créanciers. Devant la perspective d'un défaut de paiement du pays et d'une possible sortie de la zone euro, les Grecs prennent peur, et retirent massivement leur argent des banques, avec le risque d'entraîner une fuite des capitaux.

Chypre a vécu cette situation en 2013. Face au risque de panique bancaire avec des retraits massifs d'argent, le gouvernement avait fermé tous les établissements pendant près de deux semaines, interdit les virements par internet et limité les retraits par carte bancaire. A la réouverture des banques, des restrictions draconiennes régissaient les mouvements de capitaux.

Pour empêcher une faillite des banques...

C'est une conséquence directe de la fuite de ces capitaux. En cas de retraits massifs d'argent, les banques grecques risquent de se retrouver très rapidement à court de liquidités. Leur solvabilité serait alors mise en danger, avec un risque de faillite. Si ce scénario se réalise, c'est alors toute l'économie grecque qui plongerait, incapable de se financer, et donc de fonctionner.

Un phénomène accentué par une fuite des capitaux à l'étranger. Déjà 80 milliards d’euros ont quitté le pays depuis le début de la crise en 2010, rapporte Le Monde, et le mouvement s’est encore accéléré après l’annonce d’un référendum, vendredi, par Alexis Tspiras, sur la poursuite des réformes et le plan d'aide européen.

... et celle de l'Etat

C'est un effet domino. En cas de faillite des banques, c'est à l'Etat que revient la charge de régler la garantie assurée à tous les dépôts jusqu'à 100 000 euros. Alors que la Grèce croule sous les dettes et est incapable de trouver un accord avec ses créanciers pour se faire prêter de l'argent, le pays serait alors contraint à la faillite.

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