Grèce : le FMI réclame l'allégement de la dette du pays

Un haut responsable du Fonds prévient que, sans cela, l'institution ne participera pas à un nouveau plan d'aide à la Grèce.

Un manifestant brandit un drapeau grec devant le bâtiment du Parlement, à Athènes (Grèce), le 13 juillet 2015.
Un manifestant brandit un drapeau grec devant le bâtiment du Parlement, à Athènes (Grèce), le 13 juillet 2015. (JEAN-PAUL PELISSIER / REUTERS)

Réclamée par les Européens, la participation du Fonds monétaire international (FMI) à un nouveau plan d'aide à la Grèce est loin d'être acquise. Elle ne sera possible que si l'UE s'engage à alléger massivement la dette du pays, a prévenu l'institution, mardi 14 juillet. "Nous avons besoin d'une solution concrète et ambitieuse au problème de la dette" pour accorder de nouveaux prêts à Athènes, déclare sous couvert d'anonymat un haut cadre du FMI.

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Ce cadre s'est exprimé à l'occasion de la présentation d'un rapport sur la dette grecque. Le document, publié dans l'urgence après des fuites dans la presse, avait été remis aux dirigeants européens samedi, deux jours avant la conclusion d'un pré-accord avec la Grèce prévoyant un troisième plan d'aide de 82 à 86 milliards d'euros sur trois ans en échange de réformes drastiques.

Quel est le diagnostic du FMI ?

Le FMI est sans appel : la dette grecque est "totalement non-viable" et devrait approcher les 200% de son produit intérieur brut dans les deux prochaines années, contre un ratio d'environ 175% actuellement. Impossible, selon les termes de ses règles internes, de lui prêter dans ses conditions.

Selon ce rapport, "la dette de la Grèce ne peut désormais être viable qu'avec des mesures d'allégement de la dette qui vont beaucoup plus loin que ce que l'Europe a envisagé de faire jusque-là"

Que propose l'institution ?

La première option proposée consisterait à étendre de dix à trente ans le "délai de grâce" pendant lequel la Grèce n'aurait pas à rembourser sa dette aux Européens. La seconde, plus vague, résiderait dans des "transferts annuels" de fonds qui iraient directement alimenter le budget de la Grèce.

La troisième est sans aucun doute la plus controversée : il s'agirait d'un "effacement de dette" pur et simple. Dans un précédent rapport publié avant le référendum grec du 5 juillet, le Fonds avait déjà évoqué cette option, chiffrant à 53 milliards d'euros la perte sèche encourue par les Européens au cas où Athènes ne tiendrait pas ses objectifs budgétaires.

Un tel scénario est-il envisageable ?

L'accord conclu lundi entre Athènes et les autres pays de la zone euro exige noir sur blanc la présence du FMI aux côtés des Européens, mais se contente d'indiquer que des "mesures additionnelles" d'allégement de dette pourraient être envisagées si Athènes tient ses engagements. "Pas très concret", "un peu faible", balaye le cadre du FMI, toujours sous couvert d'anonymat.

Sauf que les Européens, Berlin en tête, ne veulent pas entendre parler d'un éventuel "effacement de dette" en faveur d'Athènes. La chancelière allemande, Angela Merkel, a ainsi plusieurs fois assuré qu'une réduction classique de la dette grecque était "hors de question".