François Hollande tente de s'imposer sur le dossier syrien

François Hollande est à New York au lendemain des premières frappes en Syrie. Le président de la République se présente tel un chef de guerre, mais il a du mal à trouver sa place entre Barack Obama et Vladimir Poutine, ses homologues américain et russe.

(François Hollande au siège des Nations unies à New York © REUTERS/Alain Jocard/Pool)

Tout s’enchaîne : les frappes en Syrie, les discussions à l’ONU avec tout le monde sur la Syrie, le délicat repositionnement de la France  face à la Russie et l’annonce dès mercredi soir, à Bruxelles, d’une nouvelle conférence de l’ONU.

François Hollande tente de reprendre la main sur le dossier syrien, alors qu’Angela Merkel dans la nuit de mercredi à jeudi  appelle au dialogue avec Bachar al-Assad. De retour à Paris, François Hollande aurait décidé avec ses ministres Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian de déclencher les premières frappes en Syrie pour dimanche matin. Un timing parfait pour son arrivée à l’ONU.

Une place difficile à trouver

Entre Barack Obama et Vladimir Poutine, François Hollande a du mal à trouver sa place. Difficile d’exister face à Vladimir Poutine qui ne fait plus mystère de son engagement auprès de Bachar al-Assad, du renforcement de la présence russe sur sa base portuaire de Lattaquié, où arrivent Chasseurs, hélicoptères d’attaque, mais aussi des drones livrés directement à l’armée syrienne qui les utilise contre Daech. Poutine propose une nouvelle coalition qui inclut la Syrie.

Difficile aussi d’exister face aux Etats-Unis, un poids lourd de la coalition contre l’organisation Etat islamique, mais qui ont assoupli leur position sur Bachar al-Assad dont le calendrier de sortie peut être négociable.

François Hollande s’active, il a rencontré le président iranien pour lui dire que l’Iran pourrait être un facilitateur dans un règlement politique du conflit syrien, il a vu ce matin le président de la coalition nationale syrienne, l’opposition modérée. Vendredi, il va accueillir à Paris, Vladimir Poutine et Angela Merkel.

Changement d’ennemi

François Hollande discute avec tout le monde, et réaffirme que "l’avenir de la Syrie ne pouvait pas passer par Bachar" . Pourtant, le départ de Bachar al-Assad n’est plus un préalable, même si l’entourage du président tente de persuader les journalistes qu’il n’y a pas d’inflexion de la politique française.

Sur la scène diplomatique la France ne peut plus ignorer que l’ennemi numéro 1, aujourd’hui désigné, c’est Daech, et non plus Bachar. Avec ses frappes, la France a aussi choisi  Daech comme cible, même si elle dit que c’est pour la protection de son  territoire, et que c’est de la "légitime défense" de détruire les camps d’entrainements des djihadistes.

Désormais, l’idée c’est plutôt de neutraliser Bachar al-Assad dans toute solution politique, afin qu’il n’ait plus aucun pouvoir.

L’urgence pour l’Elysée est donc de mettre en place une transition politique avec des éléments du régime et des membres de l’opposition modérée. 

François Hollande tente de s'imposer sur le dossier syrien. Les explications d'Yves Izard
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