Fermeture d'Al Jazeera, coopération économique : les conditions exigées par les voisins du Qatar pour sortir de la crise

Une liste de treize demandes a été envoyée à Doha. Certaines, comme la fermeture de la chaîne Al Jazeera, semblent particulièrement radicales.

Doha, la capite du Qatar, le 9 février 2016. 
Doha, la capite du Qatar, le 9 février 2016.  (DE WAELE TIM / AFP)
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franceinfo avec ReutersFrance Télévisions

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Vers une sortie de crise dans la péninsule arabique ? Après avoir rompu toutes leurs relations diplomatiques avec le Qatar, quatre pays arabes – l'Egypte, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et le Bahreïn – ont envoyé à Doha une liste de treize requêtes. Autant de conditions posées à l'émirat pour sortir du bras de fer qui l'isole de ses voisins, explique l'agence AP (en anglais), qui s'est procuré le document. Franceinfo résume les principales.

Fermer Al Jazeera et rompre ses relations avec l'Iran

Certaines doléances sont particulièrement radicales, comme la fermeture d'Al Jazeera. La chaîne de télévision qatarie, qui diffuse à la fois en arabe et en anglais, existe depuis vingt et un ans et est regardée dans le monde entier. Les pays du Golfe lui reprochent, notamment, de donner la parole aux mouvements islamistes qui contestent leurs régimes. "La liste de demandes est humiliante pour le Qatar", estime la BBC (en anglais) à propos de cette exigence.

L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l'Egypte et le Bahreïn demandent aussi au Qatar de rompre ses relations diplomatiques avec l'Iran – ennemi historique des puissances sunnites de la région – et de fermer la base militaire turque présente sur son territoire.

Arrêter de financer les organisations islamistes

Parmi les autres demandes figure la rupture des liens avec les Frères musulmans, la fermeture du territoire qatari aux citoyens venant de certains pays et la remise de certains individus que Le Caire, Riyad, Abou Dabi et Manama considèrent comme des terroristes. Les quatre pays arabes réclament aussi que Doha cesse de financer des mouvements extrémistes considérés comme des groupes terroristes par les Etats-Unis. 

Depuis le début de cette crise diplomatique – la plus grave depuis 1981, date de la création du Conseil de coopération du Golfe –, l'Arabie saoudite et ses alliés accusent le Qatar de financer le terrorisme, notamment l'organisation Etat islamique et Al-Qaïda. Selon Riyad, le pays soutient aussi "les activités de groupes terroristes soutenus par l'Iran dans la province de Qatif", où se concentre la minorité chiite du royaume saoudien, ainsi qu'à Bahreïn, secoué depuis plusieurs années par des troubles animés par la majorité chiite de ce pays. Le Qatar a toujours démenti ces accusations. 

Coopérer économiquement avec les pays voisins

Parmi les demandes politiques et diplomatiques, on retrouve aussi quelques doléances économiques, notamment l'alignement stratégique avec le Conseil de coopération du Golfe. Les quatre pays réclament aussi le versement, en guise de dédommagement, d'une somme dont le montant n'a pas été précisé. Le Qatar dispose d'un délai de dix jours pour répondre à ces demandes.