Valls annonce la fin de l'aide au retour des Roms

Le ministre de l'Intérieur a jugé que ce dispositif était "inopérant".

Le ministre de l\'Intérieur, Manuel Valls, sur les bancs de l\'Assemblée nationale lors des questions au gouvernement, le 4 décembre 2012.
Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, sur les bancs de l'Assemblée nationale lors des questions au gouvernement, le 4 décembre 2012. (WITT / SIPA)

ROMS – L'aide au retour, c'est fini. Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a annoncé, vendredi 7 décembre, qu'il avait "décidé de mettre fin" à cette compensation financière offerte aux Roms qui acceptent de rentrer dans leur pays d'origine.

"Les ONG comme les associations, ici ou là-bas, considèrent qu'elle a des effets pervers. Nous allons changer un dispositif inopérant", a déclaré Manuel Valls, sans donner de calendrier. Francetv info revient sur cette mesure polémique.

L'aide au retour, c'est quoi ?

Cette aide financière au retour volontaire dans leur pays d'origine (300 euros par adulte et 100 euros par enfant mineur) est versée aux étrangers ayant la nationalité d'un Etat membre de l'Union européenne, ce qui est le cas des Roms. Elle concerne les individus présents en France depuis plus de trois mois et en situation de dénuement ou de grande précarité, qu'ils soient en situation irrégulière ou non. 

L'an dernier, plus de 10 600 personnes en ont bénéficié, dont 2 000 enfants, selon l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Son coût peut donc être chiffré à 3 380 000 euros pour l'année 2011.

Ça fonctionne ?

Pas vraiment. Le 13 septembre, au lendemain d'un accord conclu avec son homologue roumain, le ministre de l'Intérieur avait dénoncé les "effets pervers" du dispositif, comme le rapportait alors Le Monde.fr. Selon les associations, la population rom en France – 15 000 à 20 000 personnes – reste constante car les expulsés reviennent systématiquement.

Quelle autre politique envers les Roms ?

Après avoir annoncé la fin de l'aide au retour, Manuel Valls a martelé sa stratégie sur la question rom : poursuite des évacuations de campements illégaux, aide aux projets d'insertion et travail au niveau des pays d'origine. Il faut "sortir de la stigmatisation" à ce sujet, et "ne pas utiliser [les Roms] comme punching-ball", a-t-il déclaré, en appelant l'ensemble des acteurs à "chercher des solutions avec une palette très large".