Vidéo Discours d'Emmanuel Macron au Parlement européen : Geoffroy Didier déplore que "les enjeux français et partisans" soient "remontés à la surface"

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Geoffroy Didier, directeur de la communication de campagne de la candidate Les Républicains Valérie Pécresse, a réagi au discours d'Emmanuel Macron à Strasbourg.

"À partir du moment où la présidence française de l'Union européenne intervenait au moment même de l'échéance présidentielle, il était inutile d'imaginer que les enjeux français et partisans ne remontent pas à la surface", a déploré l'eurodéputé français Geoffroy Didier, membre des Républicains et porte-parole de Valérie Pécresse, mercredi 19 janvier sur franceinfo, alors qu'Emmanuel Macron a prononcé un discours devant le Parlement européen à Strasbourg.

franceinfo : Le climat aujourd'hui à Strasbourg a un arrière-goût de campagne présidentielle française : qu'en pensez-vous ? Était-ce normal ?

Geoffroy Didier : C'était inévitable dans la mesure où Emmanuel Macron avait choisi de maintenir la présidence française de l'Union européenne, alors qu'il aurait pu en demander le report. À partir du moment où cette présidence intervenait au moment même de l'échéance présidentielle, il était inutile d'imaginer qu'on puisse parler uniquement d'Europe et que les enjeux français et partisans ne remontent pas à la surface. C'est dommage, j'estime que l'Europe mérite mieux.

D'une manière indirecte, Emmanuel Macron s'adresse aux élus des Républicains qui ont critiqué le drapeau européen à l'Arc de Triomphe en début d'année en déclarant qu'il est "fier du drapeau européen".

Mais moi aussi je suis fier du drapeau européen ! La seule chose que nous reprochons au président sortant est d’avoir mis uniquement le drapeau européen, là où Nicolas Sarkozy en 2008, lors d’une précédente présidence française de l’Union européenne, avait mis le drapeau français et le drapeau européen. Au fond, je crois que nous sommes avant tout tous patriotes, et que contrairement à Éric Zemmour ou à Marine Le Pen, nous sommes aussi européens, mais l’un ne va pas sans l’autre. Il est inutile de croire que beaucoup de Français pourront adhérer à l’idée d’une Europe informe et souveraine qui diluerait les souverainetés nationales.

Êtes-vous d’accord avec cette priorité pour la présidence française de l’Union européenne : réformer l’espace Schengen pour réaffirmer la sécurité aux frontières de l’Europe ?

Bien sûr ! Mais le problème, c’est que ce ne sont que des mots et Emmanuel Macron disait déjà ça en arrivant à l’Elysée. Rien n’a été fait et l’Europe est devenue une passoire. Au fond, l’espace de libre-circulation n'a de sens que si les frontières extérieures de l’UE sont protégées et sont étanches. Une frontière, ça se traverse et ça se respecte. Il ne s’agit pas de n’accueillir personne, il s’agit tout simplement de reprendre la main, de ne plus subir, de garder la maîtrise de son destin et de s’organiser de manière à ce que l’Europe soit respectée comme tous les autres continents sont respectés à leurs frontières.

Valérie Pécresse a pour projet de créer des hot spots, c'est-à-dire des zones hors de l’Europe où les demandeurs d’asile pourraient voir leurs demandes traitées car on sait bien qu’une fois qu’ils sont entrés sur le territoire européen, même s’ils ne se voient pas accorder le statut de réfugié politique, ils restent en Europe. Aujourd’hui, neuf déboutés du droit d’asile sur dix restent dans l’Union européenne et ne respectent ni nos valeurs, ni nos règles, ni nos lois, et ça n’est pas acceptable. Si on veut sauver l’Europe, il faut la protéger par des actes concrets.

Emmanuel Macron a aussi parlé d’inscrire le droit à l’avortement dans la charte des droits fondamentaux européens : qu’en pensez-vous ?

Je suis profondément attaché à la loi de Simone Veil. Mais au sein de l’Union européenne, il y a des membres comme Malte qui n’approuvent pas ces idées. Je ne suis pas pour les grands principes et les grandes chartes, je suis pour les actes donc pour protéger en France la loi Veil qui est un progrès considérable pour toutes les femmes. Si ça doit devenir une valeur européenne, je suis favorable à ce qu’elle devienne dans les faits plutôt que dans les chartes une valeur partagée au sein de l’Union européenne.

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