La zone de Tchernobyl toujours ravagée par un important feu de forêt

Les autorités ukrainiennes assurent que la centrale ne risque rien mais plusieurs ONG estiment que le feu, allumé par un jeune homme désœuvré, est difficilement contrôlable.

Des feux de forêt dans la zone d\'exclusion de Tchernobyl (Ukraine), le 12 avril 2020.
Des feux de forêt dans la zone d'exclusion de Tchernobyl (Ukraine), le 12 avril 2020. (VOLODYMYR SHUVAYEV / AFP)

La forêt autour de Tchernobyl continue de brûler. Plus de 400 pompiers ukrainiens sont toujours mobilisés, lundi 13 avril, pour tenter de stopper un important incendie autour de la zone d'exclusion du site. "La centrale nucléaire de Tchernobyl, les lieux de stockage de déchets radioactifs et les autres infrastructures cruciales de la zone d'exclusion ne sont pas menacés", a indiqué Volodymyr Demtchouk, un haut-responsable des services d'urgence ukrainien. Il a ajouté que la principale tâche des pompiers était de localiser les zones d'incendies et d'en limiter la propagation. L'Ukraine a notamment mobilisé des hélicoptères bombardiers d'eau pour éteindre le sinistre qui dure depuis le 4 avril, entretenu par des vents violents.

Selon l'ONG écologique Greenpeace, il s'agit du pire incendie jamais observé dans la zone d'exclusion de Tchernobyl, qui forme un rayon de 30 kilomètres autour de l'ancienne centrale. S'appuyant sur des images satellites, Greenpeace affirme que le feu n'est qu'à "environ 1,5 kilomètres" de l'arche recouvrant le réacteur ayant explosé par accident en avril 1986. Depuis plusieurs jours, les autorités ukrainiennes n'ont pas donné d'estimations récentes sur la taille de l'incendie.

Un incendie d'origine criminelle

Selon Sergiy Zibtsev, directeur du Centre régional de suivi des incendies en Europe de l'Est, basé à Kiev et lié à un programme des Nations Unies, le feu est "gigantesque" et "imprévisible". "Dans l'ouest de la zone d'exclusion, il a déjà couvert 20 000 hectares selon nos estimations", a-t-il affirmé à l'AFP. Le directeur d'une association organisant des visites guidées dans la zone d'exclusion, Yaroslav Iemelianenko, a lui affirmé sur Facebook que l'incendie avait atteint la ville fantôme de Pripiat, évacuée après la catastrophe.

De son côté, le vice-ministre ukrainien de l'Intérieur, Anton Gerachtchenko a indiqué sur Facebook que les sites de stockages de déchets radioactifs sont "totalement en sécurité". Les autorités ukrainiennes affirment que le feu n'a pas causé d'augmentation du taux de radioactivité. Après le début de l'incendie, le chef par intérim de l'inspection écologique gouvernementale, Iegor Firsov, avait toutefois indiqué que les niveaux de radiation dans l'épicentre de l'incendie dépassaient largement les normes. Il était ensuite revenu sur ses propos.

L'incendie a été provoqué par un jeune habitant vivant près de la zone de Tchernobyl, qui risque jusqu'à cinq ans de prison pour "destruction de la végétation". Le jeune homme de 27 ans a dit avoir mis le feu à l'herbe "pour s'amuser", selon la police. L'un des réacteurs de la centrale de Tchernobyl a explosé le 26 avril 1986 contaminant, selon certaines estimations, jusqu'aux trois quarts de l'Europe. La zone dans un rayon de 30 kilomètres autour de la centrale accidentée reste depuis largement à l'abandon.