Naufrage en Méditerranée : des migrants battus à mort avant le départ du chalutier

Des exactions ont eu lieu avant le départ, selon les témoignages des survivants cités par le parquet de Catane (Sicile).

Des migrants arrivés à Salerno (Italie) attendent un repas, le 21 avril 2015.
Des migrants arrivés à Salerno (Italie) attendent un repas, le 21 avril 2015. (ALESSIO PADUANO / NURPHOTO / AFP)

Ils ont battu à mort plusieurs migrants avant le départ du chalutier. Les trafiquants responsables du naufrage survenu dimanche 19 avril en Méditerranée ont maltraité les migrants, selon les témoignages des survivants cités par le parquet de Catane (Sicile), jeudi 23 avril. Ils ont décrit un "climat de violence" avant même que le bateau ne parte de Libye. Voici l'essentiel des informations données par le parquet.

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Plus de 750 personnes à bord

"On peut raisonnablement dire qu'il y avait plus de 750 personnes à bord", a précisé le parquet. Il a quasiment fini d'auditionner les 28 survivants, dont deux hommes soupçonnés d'être le capitaine du bateau et son second. En s'appuyant sur les témoignages, l'ONU avait évoqué 800 morts dans cette catastrophe, la pire depuis des décennies en Méditerranée.

Le parquet a aussi fourni une liste des survivants : douze Maliens, quatre Erythréens, trois Bangladais, deux Sénégalais, deux Somaliens, un Sierra-Léonais, un Ivoirien et un Gambien.

Des migrants morts d'épuisement avant le départ du chalutier

Dans l'usine près de Tripoli, où ils ont été enfermés avec 1 000 à 1 200 personnes, des "bastonnades auraient provoqué plusieurs décès, et d'autres migrants seraient morts d'épuisement", a rapporté le parquet. Des hommes en uniforme et en armes semblaient diriger les lieux, et l'un des survivants a raconté avoir dû remettre son argent à des policiers.

Au moment d'embarquer, ils ont été conduits dans des fourgons vers la côte, puis en canot pneumatique vers le chalutier. Sur le bateau, "un garçon aurait été tué parce qu'il s'était levé sans permission, et son cadavre aurait ensuite été jeté à la mer", selon le parquet.

De 675 à 6 478 euros pour le voyage

Sur le prix du voyage, les sommes annoncées par les survivants vont de 730 à 7 000 dollars (675 à 6 478 euros). Ceux qui avaient payé le moins étaient enfermés dans la cale, ce qui a poussé le parquet à ajouter le chef de séquestration à l'encontre du capitaine, outre ceux de naufrage volontaire, homicides et incitation à l'immigration clandestine.

Selon les témoignages, le Tunisien Ali Malek pilotait le bateau et a laissé à plusieurs reprises son second, le Syrien Mahmoud Bikhit, contacter par téléphone satellitaire leur organisation en Libye.