Italie : une trentaine de cadavres de migrants découverts au large de la Sicile

Plus de 1 600 migrants et réfugiés ont été secourus ce week-end. Depuis le début de l'année, l'afflux a dépassé les 60 000 sur les côtes italiennes, selon les autorités.

Une trentaine de cadavres ont été trouvés sur un bateau de migrants secouru dans la nuit du dimanche 29 au lundi 30 juin 2014, dans le canal de Sicile, qui sépare l\'Italie des côtes nord-africaines. 
Une trentaine de cadavres ont été trouvés sur un bateau de migrants secouru dans la nuit du dimanche 29 au lundi 30 juin 2014, dans le canal de Sicile, qui sépare l'Italie des côtes nord-africaines.  (GOOGLE MAPS)

Une trentaine de cadavres ont été trouvés sur un bateau de migrants secouru dans la nuit du dimanche 29 au lundi 30 juin, dans le canal de Sicile qui sépare l'Italie des côtes nord-africaines, annoncent les agences italiennes, citant la marine et les garde-côtes. Les sauveteurs ont fait leur macabre découverte quand ils sont montés à bord d'un bateau de pêche transportant environ 590 réfugiés et migrants, afin d'évacuer immédiatement vers la terre ferme les personnes les plus en détresse, dont deux femmes enceintes.

L'embarcation était en cours de remorquage dans la nuit par le navire Grecale de la marine et doit arriver lundi à Pozzallo, dans la zone de Raguse (sud-est de la Sicile). Les victimes ont apparemment péri par asphyxie. Les corps ont été retrouvés dans une partie difficile d'accès du bateau de pêche.

Ce n'est pas la première fois que des sauveteurs retrouvent des corps de migrants à bord de navires secourus en pleine mer dans le canal de Sicile, mais jamais jusqu'à présent en si grand nombre. Le 14 juin, 10 migrants s'étaient noyés dans le naufrage de leur embarcation à seulement 70 km des côtes libyennes, où la marine italienne était venue leur porter secours. Trente-neuf autres migrants qui se trouvaient sur le même canot pneumatique avaient pu être sauvés par un bâtiment de la marine.

Des milliers de migrants prennent la mer chaque semaine

Au cours du week-end passé, la marine a annoncé être venue au secours de 1 654 migrants et réfugiés répartis sur sept embarcations, bateaux de pêche et canots de fortune. Ces sauvetages s'inscrivent tous dans le cadre de l'opération "Mare Nostrum" (nom que les Romains donnaient à la Méditerranée), lancée par l'Italie à l'automne 2013 après deux terribles naufrages, l'un près de Lampedusa, l'autre près de Malte, qui avaient fait au total au moins 400 morts.

Les experts soulignent que l'opération a aussi des effets pervers car les navires militaires italiens vont de plus en plus loin au large, se rapprochant des côtes libyennes, ce qui tend à alimenter le flux des départs. En raison d'une météo favorable et de l'insécurité croissante dans leur pays d'origine mais également en Libye, leur point de départ, des milliers d'immigrés et réfugiés - Syriens, Erythréens, habitants pauvres d'Afrique subsaharienne - prennent la mer chaque semaine vers les côtes italiennes.

L'Italie demande une "opération européenne"

Depuis le début de l'année, selon les autorités, plus de 60 000 migrants et réfugiés fuyant les guerres et à la recherche d'une vie meilleure ont débarqué dans le sud de l'Italie. Le record de 2011, où le nombre de migrants avait atteint 63 000 personnes en raison des printemps arabes, devrait être dépassé.

L'Italie a obtenu un renforcement de Frontex, l'agence de surveillance des frontières européennes, et des aides supplémentaires pour gérer l'afflux de migrants. Mais elle voudrait de l'Union européenne, et en particulier des pays du nord de l'Europe, une plus grande solidarité dans l'effort d'accueil des immigrés. Cette semaine, le ministre italien de l'Intérieur, Angelino Alfano, a aussi demandé, en marge d'un sommet du G6 à Barcelone, que "Mare Nostrum" "devienne une opération européenne" dont Bruxelles prendrait la direction.