"Vous nous devez aide et assistance" : le maire de Grande-Synthe interpelle Emmanuel Macron sur sa politique migratoire

Environ 400 à 500 migrants ont été évacués à destination de plusieurs centres d'accueil des Hauts-de-France, vendredi.

Des migrants irakiens vivent dans des tentes à Grande-Synthe (Nord), le 28 septembre 2018.
Des migrants irakiens vivent dans des tentes à Grande-Synthe (Nord), le 28 septembre 2018. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Il reproche à Emmanuel Macron de "foutre [s]a ville en l'air". Damien Carême, le maire Europe Ecologie-Les Verts (EELV) de Grande-Synthe (Nord) interpelle le président sur sa politique migratoire dans une lettre ouverte publiée lundi 1er octobre. "Depuis maintenant quinze ans, Grande-Synthe est devenue un axe de passage privilégié pour les migrations", constate l'élu, qui assure que "faute d'organiser une réponse pérenne", la situation sur place est devenue "intolérable".

"Vous nous devez aide et assistance alors que notre commune est en danger", assure encore Damien Carême, invitant le chef de l'Etat à se rendre dans sa ville. Sa lettre intervient alors qu'une nouvelle opération d'évacuation du campement de migrants de Grande-Synthe, dont la population atteint désormais un millier de personnes, a été menée vendredi.

Plus de 400 migrants évacués vendredi

Environ 400 à 500 migrants, essentiellement des "familles" et "des personnes fragiles", selon le sous-préfet de Dunkerque, Eric Etienne, sont montés dans des bus à destination de plusieurs centres d'accueil des Hauts-de-France. Ces derniers vivaient dans le secteur du Puythouck, un ensemble de lacs et de petits bois, régulièrement occupé par les migrants. L'intervention, assortie de contrôles d'identité, ciblait également des "passeurs" qui "profitent de la misère humaine", a insisté le préfet. La préfecture estime à "entre 800 et 1 000" le nombre de migrants à Grande-Synthe, contre 1 300 selon les associations. Il s'agit très majoritairement de Kurdes irakiens.

En décembre 2015, l'afflux de migrants avait conduit Damien Carême à ouvrir le camp de la Linière, détruit par un incendie en 2017 et qui accueillait 1 500 personnes. L'Etat rejette de son côté tout "point de fixation".